Je bouquine

« Le diable » de Léon Tolstoï

couv70838110« Irténiev, propriétaire terrien, est un homme sérieux, qui gère son domaine avec efficacité et rigueur. Marié à la douce et fragile Lise, romantique amoureuse qui l’idéalise, Irténiev fait de son mieux pour être à la hauteur. C’est sans compter sur Stépanida, une belle paysane impudique, au regard de braise, au corps vigoureux et à la peau laiteuse, qui met tous ses sens en émoi… »

Je voulais absolument parler de cette nouvelle ici pour plusieurs raisons !!! Déjà parce qu’il ne faut pas se fier à cette couverture toute pourrie. Et puis parce qu’il ne faut pas avoir peur du nom sur la dite « couverture toute pourrie » car ce cher Léon, auteur classique s’il en est, reste tout à fait accessible. J’ai trèèèès longtemps été une lectrice exclusive de classiques (dés la primaire, c’est dire…). J’ai délaissé quelque peu le genre pour nécessité impérieuse de renouveau durant un moment et j’y reviens doucement mais sûrement notamment grâce à Emy et son club de lecture. Et, parce que les classiques c’est juste le pied et que non Léon… je n’ai pas peur de toi !!!

Dans cette nouvelle, on suit l’entrée dans la vie adulte de Irténiev, jeune homme bourré d’idéaux qui vont doucement se fracasser devant son impossibilité à oublier une femme avec qui il entretenait une liaison avant son mariage. La femme ici n’est pas la tentatrice mais l’objet d’une obsession totale de la part du bonhomme qui finit par en perdre la raison à défaut de perdre son honneur. Tolstoï ne fait pas de cadeau au genre humain ici dont la tendance à l’autodestruction et les pulsions de mort le poussent à bousiller son bonheur durement acquis (une condition sociale respectable et une épouse aimante dans le cas de Irténiev). L’auteur maitrise son sujet, il amène les choses de façon tout à fait juste ce qui rend le récit tout à fait cohérent et crédible.

Je connaissais Tolstoï plutôt par le prisme de la décroissance, dont il est un des penseurs. Découvrir (ENFIN) sa plume était juste génial. Bref, je recommande ++ pour s’attaquer à l’œuvre de ce géant et démystifier un peu la bête 😉

Je bouquine

« Fêlures » de Rozenn Illiano

couv17155484 « Ce n’est pas tant la nostalgie qui guide ces mots, mais bien quelque chose qui s’apparente plus à une blessure ancienne, de celles qui s’imposent à vous dès que le temps change, qui font vriller vos os sous l’humidité de l’air ou la tension des tempêtes. Je crois que c’est pour cela que je guette, à la fin de l’été, le moment où les journées raccourcissent. Parce que le jour se couche tôt, parce que la nuit s’empare du paysage alors que le soir n’a pas encore sonné. Un rythme d’ailleurs, un rythme d’autrefois posé sur les méridiens du Pacifique. Si j’attends la venue de l’automne et la promesse de l’hiver, c’est pour rejeter en bloc la chaleur et le soleil. Pour noyer dans le froid ces souvenirs doux-amers de jour mourant, de montagnes baignées d’orage. — La Boussole. Huit nouvelles parcourues de failles et de rêves sans issue, d’inévitables séparations et de retrouvailles au pied des tombes. »

Une mention spéciale pour Rozenn Illiano et son recueil de nouvelles « Fêlures » que j’ai A-DO-RÉ. Ce n’était pourtant pas gagné pour moi qui suis peu amatrice de ce genre littéraire mais que dire… La plume est tout simplement géniale, magnifique, immersive. En quelques phrases, elle m’a complètement embarquée !!! 🙂 Après cette lecture, on a envie de se replonger dans Edgar Allan Poe, on se prend à rêver d’étendues neigeuses et glaciales… extraordinaire pour une frileuse telle que moi !!! C’est ma première lecture de cette autrice mais certainement pas la dernière. En plus des qualités de plume et de style, il y a un très beau travail éditorial autour du livre lui-même (la couverture, les titres). Pour de l’auto-édition, et tout le boulot que cela représente, chapeau bas Madame !!! D’autant plus qu’il est bon de souligner que la Madame en question, en plus d’écrire, a également fait la photo de couverture (sur laquelle elle pose elle-même) de son recueil qui est juste magnifique (un peu agaçant ces personnes aux multiples talents n’est-ce pas ? 🙂 ). Dans les prochains mois, je vais me bouffer toutes ses publications par ordre de parution (tu la sens la maniaquerie boulimique de la blogueuse livresque ?!). Bref, je vous invite vraiiiiment à découvrir cette autrice !!! 😉

cli6a-lc3a9chiquierdumal_dansimmonsLe challenge « Littérature de l’Imaginaire » – Livre 6/12