Je bouquine

« La montagne de la dernière chance » d’André Bucher

couv_livre_2984« Poussé par un besoin viscéral de fuir la ville, Geffray – petite frappe en manque d’estime – se porte à la rencontre de Louis et Pauline, fermiers et parents amputés d’un fils qui les a mis sur la paille. Georges, un entrepreneur en quête de reconversion rachète la ferme où ils vivent et entend bien modeler l’espace à sa guise pour assouvir la démesure de son projet foncier. Gravitant autour d’un canyon qui n’est autre que le poumon de la montagne, tous les personnages courent après leur dernière chance alors que leur avenir fait écho à celui du lieu. André Bucher décrit cet enjeu avec passion dans une langue immersive et poétique. Il y fait se croiser des destins, mêlant leur sort à celui de cet endroit qui les recueille, suspendu entre ciel et terre, dans le dernier acte d’une saison de l’incertitude. »

Le roman commence par une citation : « Bénis soient ceux qui écoutent quand tout un chacun a droit à la parole ». Que ceux qui ne sont pas sensibles à ces mots prennent vraiment le temps de les méditer et de réfléchir à la portée de cette simple phrase. Ça résume bien ce qu’on ressent en découvrant André Bucher dont c’est ma seconde lecture : des romans courts mais riches et d’une grande poésie. Ce mec est assez fascinant : paysan et bucheron de métier, il est un des pionniers de l’agriculture bio en France et… écrivain. C’est aussi un physique : un grand gaillard à la peau tannée par le soleil et aux grandes mains de travailleur qui vit dans sa vallée entouré de nature et de livres, qui écrit une clope roulée à la bouche… Il aurait 40 ans de moins… comment te dire… 🙂 Il parle de la montagne comme seule une personne qui la connait vraiment peut en parler. La nature est à elle seule un personnage à part entière et parmi elle, des parcours de vie, des amours, des ambitions gâchées… Un auteur qui ne plaira pas à tout le monde, dont la lecture peut parfois être exigeante, qui invite à la méditation afin de s’imprégner de cette belle plume… Tiens, me voilà qui deviens un peu poète 😉

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« Longtemps » d’Eric Orsenna

couv52844493« Il était une fois Gabriel, un homme marié et fidèle. Pour fuir les tentations, il se consacrait exclusivement à son métier de paix et de racines : les jardins. Que Dieu soit maudit et tout autant célébré dans les siècles des siècles ! Par jour de grand froid, une passion arrive à notre Gabriel. Elle s’appelle Elisabeth, c’est la plus belle femme du monde. Hélas, deux enfants l’accompagnent et un époux l’attend : commencent le miracle et la douleur de l’adultère durable. Non les frénésies d’une passade, mais trente-cinq ans d’un voyage éperdu à Séville, Gand et Pékin. Voici le portrait de cet animal indomptable et démodé : un sentiment. »

Ayé, j’ai enfin lu un roman d’Eric Orsenna !!! Un mec au cv long comme le bras, académicien primé… c’est également un des auteurs chouchous de François Busnel !!! Orsenna est connu pour être un romancier qui invite au voyage et c’est également le cas dans ce livre. Il nous raconte l’histoire de Gabriel et Elisabeth : trente ans d’amour entre cette femme diplomate mariée (qui ne peut se résoudre à quitter son mari) et ce botaniste totalement voué à cet amour fou. On suit leurs rencontres dans les plus beaux jardins du monde décrits avec beaucoup de style. On sent que l’auteur a bien potassé son sujet et on en apprend beaucoup sur les plantes pour mieux en comprendre la passion qu’elles peuvent susciter. Malgré certains éléments un peu « gros » dans le déroulement de l’histoire et une lecture parfois un peu longue, j’ai beaucoup aimé !!! Petite anecdote à creuser, il y a peut être une part d’autobiographie dans ce roman car le nom de Gabriel est… Orsenna 🙂

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« Re-vive l’empereur » de Romain Puértolas

couv46120900 » Maintenu en parfait état de conservation par les eaux glaciales de la mer du Nord, repêché par un chalutier, puis décongelé, Napoléon Bonaparte revient à la vie au moment des attentats djihadistes de Paris, juste à temps pour sauver le monde… »

Romain Puértolas est l’auteur de « L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa ». Un premier roman complètement délirant et surprenant que j’avais eu la chance de faire dédicacer (ce mec est vraiiiiment sympa !!!). Depuis, j’ai également lu « La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel » roman plus sérieux que je ne peux que recommander. Je le retrouve ici avec beaucoup de plaisir pour une histoire complètement folle avec Napoléon comme héros principal qui part lutter contre les djihadistes (fallait oser). Ce qui est assez jouissif dans cette lecture c’est qu’il est tout à fait impossible de deviner ce qu’il va bien pouvoir se passer. L’auteur ne s’embarrasse pas de détails limitants et n’a que faire du réalisme. On sent qu’il s’est éclaté en écrivant cette histoire et nous transmet son bel enthousiasme. Son style d’écriture est simple et rythmé. Bref, j’ai dévoré et adoré ce roman 🙂

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« Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » d’Anna Gavalda

couv51977992« Les personnages de ces douze nouvelles sont pleins d’espoirs futiles, ou de désespoir grave. Ils ne cherchent pas à changer le monde. Quoi qu’il leur arrive, ils n’ont rien à prouver. Ils ne sont pas héroïques. Simplement humains. On les croise tous les jours sans leur prêter attention, sans se rendre compte de la charge d’émotion qu’ils transportent et que révèle tout à coup la plume si juste d’Anna Gavalda. En pointant sur eux ce projecteur, elle éclaire par ricochet nos propres existences. »

Je continue dans la série des Anna Gavalda !!! Ils ont toute la collec dans ma biblio donc j’en prends un à chaque fois que je fais « le plein » de livres (ou de ma drogue dure selon certains…). Je pense que toutes les personnes qui lisent beaucoup ont ce genre de fixette où il nous faut lire tous les livres d’un auteur sans exception !!! Ouiiii bon d’accord, je m’adresse surtout aux gros tarés du ciboulot comme moi qui s’enquillent des livres et des livres comme des possédés… (si vous me lisez… ne guérissez jamais de cette fabuleuse maladie 🙂 ). Ce qui est bien avec la Anna Gavalda c’est que ça se lit vite et facilement. Même les sujets plus sérieux sont traités avec une certaine simplicité et légèreté. Bref, ce recueil de nouvelles (sa première publication) est pas mal du tout pour passer un moment de lecture sympa !!!

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« Nuits blanches à Edendale » de Micky le Saux

couv70760209« Un ami me demandait pourquoi les Noirs sud-africains n’avaient pas massacré tous les Blancs quand Mandela avait pris le pouvoir. C’est vrai que les mouvements antiapartheid avaient publié tant d’images de brutalités, de massacres perpétrés par les Blancs, que l’on pouvait se poser la question. Or pendant ces trois années passées à Pietermaritzburg, dans le Natal, dans un hôpital noir, je n’ai jamais senti de haine entre les Noirs et les Blancs. Les jeunes sud-africains blancs que j’ai côtoyés tous les jours ne méritaient pas l’opprobre mondial attaché aux actions de leurs parents. C’est cette vérité que j’ai voulu rétablir. C’est enfin le témoignage sur la vie quotidienne d’une famille française dans le Natal pendant cette période cruciale de la fin de l’apartheid. »

J’ai emprunté ce petit livre à la biblio car… l’auteur vit prêt de chez moi. Et ouiiii, j’aime l’idée de voisiner avec des gens qui ont leur nom imprimé sur du papier glacé (c’est quand même la classe !!!). Cette chère Micky nous raconte en 118 pages les quelques années où elle a vécu avec sa famille dans le Natal à la fin de l’apartheid. Médecin comme son mari, elle nous fait entre autre part de leur quotidien professionnel au sein d’un hôpital : blessés durant les affrontements armés, le manque de moyens, l’insécurité… Elle ne tombe jamais dans le pathos mais relate des faits avec une certaine distance mais non dépourvue de subjectivité. Elle est médecin et non écrivaine ce qui se ressent dans l’écriture. Ce témoignage n’en reste pas moins intéressant pour en apprendre plus sur cette période charnière pour l’Afrique du Sud. J’avoue être complètement larguée sur le sujet… de nouvelles idées de lectures peut-être 😉 .

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« Les dieux voyagent toujours incognito » de Laurent Gounelle

couv18524735.gif« Imaginez. Un homme vous sauve la vie, en échange de votre engagement de faire tout ce qu’il vous demande… pour votre bien. Le dos au mur, vous acceptez et vous vous retrouvez embarqué dans une incroyable situation où tout semble vous échapper. Vous n’êtes plus le maître de votre vie et pourtant… à bien des égards, elle est plus excitante qu’auparavant ! Mais peu à peu, le doute s’installe en vous : quelles sont les intentions réelles de cet homme qui s’est immiscé dans votre existence ? Qui est-il vraiment ? Et qui sont ces personnages énigmatiques dans son entourage ? Les découvertes que vous faites n’ont rien pour vous rassurer. »

Cela faisait un moment que j’avais envie de découvrir cet auteur dont les livres (mi-romans, mi-livres de développement personnel) apparaissent souvent dans la catégorie « Le livre qui a changé ma vie ». N’ayant pas trouvé « L’homme qui voulait être heureux » qui est un peu son livre de référence, j’ai tenté ma chance avec celui-ci. Et, effectivement, lire Gounelle c’est apprendre des choses sur soi. Dans ce roman, il nous amène à nous poser des questions sur la confiance en soi et sa résonance sur nos vies (dans nos relations amoureuses, familiales, notre travail, avec nos amis, notre entourage, avec nous même…). L’histoire en elle même est originale : un jeune mec décide de se suicider mais il est stoppé dans son élan par un inconnu. Celui-ci lui sauve la vie en échange de quoi il s’engage à faire tout ce que cet homme lui ordonnera de faire. Et, cela va littéralement changer sa vie. Le bouquin est pas mal et la lecture agréable. Seul bémol, je trouve la fin un peu trop facile pour être crédible même si cela permet à l’auteur d’engager d’autres réflexions…

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« Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal

couv6723038« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. »
Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

Ce livre était dans ma « wish list » depuis trèèèès longtemps. J’avais découvert l’auteur dans LGL et le François Busnel avait si bien vendu son livre avec son enthousiasme habituel… impossible de résister… j’étais foutue d’avance. Et, j’ai enfin mis la main dessus dans ma bibliothèque !!! Vu le sujet du livre, j’avais un peu peur des larmes et émotions à venir durant ma lecture et bien c’est là que cette chère Maylis est vraiment balaise car on ne tombe jamais dans le pathos excessif et inutile !!! Le livre commence avec la mort de Simon, jeune homme qui bouffe la vie, amoureux de sa Juliette, une petite sœur et des parents qui l’aiment, des amis partageant sa passion du surf. Durant 24 heures, on découvre alors tout ce qui va découler de cet horrible évènement pour ses proches et les professionnels de santé qui l’entourent… jusqu’à la transplantation de son cœur. Cette histoire est tellement mais tellement bien écrite !!! Ce livre amène vraiment une belle réflexion sur la vie et la mort. De plus, l’auteur a fait un sacré boulot de recherches sur le don d’organes et on apprend beaucoup de choses sur le sujet.  Car, si nous sommes tous des receveurs potentiels il en va de même dans l’autre sens !!!

ps : pour ceux qui le souhaitent, il est possible de se procurer une carte de donneur pour l’avoir toujours sur soi (j’ai la mienne depuis 2008 🙂 ) ou, pour le cas contraire, de s’inscrire sur le registre national des refus de dons d’organes. L’important étant de s’assurer que sa volonté sera respecter et de faciliter les choses pour ses proches en cas de nécessité.