Je bouquine

« Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » d’Aurélien Barrau

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« Écologie : il faut agir maintenant, il n’est pas trop tard pour éviter le pire ! La question écologique engage notre survie. Elle ne peut pas être considérée comme secondaire.  » La vie, sur Terre, est en train de mourir. L’ampleur du désastre est à la démesure de notre responsabilité. L’ignorer serait aussi insensé que suicidaire. Plus qu’une transition, je pense qu’il faut une révolution. Et c’est presque une bonne nouvelle. Ce livre fait suite à l’appel, signé par 200 personnalités, que l’actrice Juliette Binoche et moi avons lancé dans le journal Le Monde du 3 septembre 2018. « 

On ne présente plus Aurélien Barrau qui, bien qu’il se fasse de plus en plus discret, est apparu dans moult médias afin de promouvoir son message dont il ne se veut être qu’un simple passeur. Aurélien Barau a la grande qualité d’exposer les choses de façon claire, accessible, indéniable avec beaucoup de modestie et de pédagogie. Il ne prétend pas avoir toutes les réponses et solutions aux problèmes systémiques de notre civilisation humaine dont la résultance est la destruction pur et simple de notre habitat et du vivant dans sa globalité. Aurélien Barrau présente un constat simple, avéré scientifiquement et irréfutable de la situation catastrophique de l’état de notre planète que, objectivement, nous surexploitons, polluons, dénigrons… Car, n’ayons pas peur de jeter un pavé dans la mare, nous n’avons désormais AUCUNE excuse pour ne rien faire et pour ne pas changer !!! Nous avons accès à l’information, nous savons de façon certaine ce qui nous attend à l’échelle de notre vie et celle de nos enfants… pas dans 150 ans mais demain !!! Aurélien Barrau ne se pose pas pour autant en donneur de leçon et comme exemple irréprochable à suivre : et c’est là sa grande qualité !!! Mais, je partage comme d’autres sa frustration face au manque total d’inertie notamment du monde politique dans des prises de décisions radicales pour la défense de la nature et donc accessoirement de notre survie mais pas que… Car avec nous, nous embarquons des milliers d’espèces animales et végétales qui ne sont en rien responsables de la situation et ne sont que des victimes comme tant d’autres de la démesure abyssale de notre prétention sur la nature qui ne nous appartient pas !!!

A noter que Aurélien Barrau est astrophysicien et ne se pose aucunement en spécialiste du climat mais force est de constater que sa place de chercheur et position professorale ont le bénéfice indéniable de donner du poids et du crédit à son discours dans les médias et auprès des gens non sensibilisés, sceptiques ou autres…

Bref, lisez ce livre, sensibilisez-vous, informez-vous, prenez acte !!! Car, si le discours écolo est indéniablement anxiogène, agir et faire ce qu’on peut de sa propre place à le grand mérite de nous mettre en action et de ne pas se sentir totalement impuissant. 😉

PS : Aurélien Barrau a récemment participé à LGL dont je recommande +++ le replay

Je bouquine

« Sorcières » de Mona Chollet

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« Tremblez, les sorcières reviennent ! disait un slogan féministe des années 1970. Image repoussoir, représentation misogyne héritée des procès et des bûchers des grandes chasses de la Renaissance, la sorcière peut pourtant, affirme Mona Chollet, servir pour les femmes d’aujourd’hui de figure d’une puissance positive, affranchie de toutes les dominations. Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure de la sorcière. Elle est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l’Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Ce livre explore trois archétypes de la chasse aux sorcières et examine ce qu’il en reste aujourd’hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante – les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant – l’époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d’horreur. Mais il y est aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s’est développé alors tant à l’égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever. »

Vous avez très certainement vu passer cette magnifique couverture en librairie ou sur le net et à raison teeelllllemeeeeent cet essai est une tuerie !!! L’écriture est simple et agréable à lire, le raisonnement clair et facile d’accès. Le sujet des sorcières est en lui même très intéressant mais ce qui rend l’approche de cet essai d’autant plus pertinente est que l’autrice apporte un nouvel éclairage sur la « pas si bien connue » chasse aux sorcières. En effet, on oublie trop souvent que la grande majorité de ces « sorcières » ont été jugées et condamnées par des tribunaux civils et non religieux. Partant de ce postulat, Mona Chollet fait un focus sur le profil de ces femmes : célibataires sans enfant, veuves non remariées… bref, des femmes libres et autonomes de toute autorité masculine… La chasse aux sorcières comme une bonne façon de faire taire les emmerdeuses, de mater les femmes trop libres, d’évincer ces guérisseuses gênantes au profit de la « médecine »… ??? Eh bien pourquoi pas… De la découle toute une mise en lien avec la position de la femme dans la société que cette sombre période induit encore aujourd’hui. L’essai propose également une réflexion fouillée sur le désir ou non désir d’enfant, le célibat, cette figure souvent caricaturale et pourtant si vivante et moderne de la sorcière. Cette lecture est une nécessité et peut être une bonne introduction au féminisme et même à l’écoféminisme (pour lequel je me documente beaucoup actuellement… mais j’y reviendrai…). Bref, Mona Chollet a réussi un beau travail de vulgarisation avec cet essai que je ne peux que recommander !!! 🙂

Challenge FeminiBooks Challenge : octobre / Livre qui met en avant une ou des sorcières. Livre 4/12 (oui, je sais il s’agit du livre pour octobre mais je m’octroie un peu de liberté calendaire !!! 😉 )

Je bouquine

« No steak » de Aymeric Caron

couv30029550« Pourquoi les chats et les chiens ont-ils un palace qui leur est dédié au Canada alors qu’en Chine ils peuvent finir au fond d’une casserole ? Pourquoi avons-nous choisi de manger en priorité des cochons, des poulets et des bœufs ? Comment ces animaux de consommation sont-ils produits ? Pourquoi Bill Clinton, Carl Lewis et Bryan Adams ont-ils décidé d’arrêter la viande ? Les végétariens vivent-ils vraiment plus longtemps que les carnivores ? Comment peut-on remplacer les protéines animales ? Aymeric Caron a mené l’enquête pour décrire, avec verve et humour, tous les aspects de notre étrange rapport à la viande. »

Je voulais lire ce livre, dont on a tous un peu entendu parlé, depuis un certain temps. En effet, Aymeric Caron a fait un peu le buzz avec cet essai lors de sa parution en 2013. Le fait qu’il ait été journaliste sur Canal + et Europe 1 avant d’être chroniqueur chez Ruquier n’y sont certainement pas pour rien 😉 Cela a toutefois le mérite de faire connaître ce travail en faveur de la protection animale.

Sans être pour autant exhaustif, ce livre propose une réflexion fouillée et étayée autour de l’alimentation végétarienne et explique le pourquoi de sa nécessité à travers 8 raisons traitées dans 8 chapitres distincts. Pour exemple, la 1ère raison présentée est environnementale, la seconde parle de notre rapport aux animaux que nous mangeons ou ne mangeons pas… Aymeric Caron apporte également son témoignage de végétarien, les questionnements éthiques et moraux qui ont été les siens, les difficultés dans les relations sociales et notamment personnelles, etc.

En toute franchise, j’ai trainé ce bouquin durant plusieurs semaines certainement parce que le moment était mal choisi pour cette lecture qui nécessite d’être un minimum disponible et concentré (clairement pas mon cas le mois dernier). Mais, je n’ai pas lâché car je suis bonne élève cf New year books challenge 🙂 et que le propos est vraiment intéressant. C’est clairement le bouquin (surtout la première moitié) qui m’aurait aidée au début de mon végétarisme à affirmer mes convictions et assumer ce choix. Car, changer d’alimentation n’est pas toujours évident pour beaucoup de raisons. Bref, je recommande cette lecture à toutes les personnes curieuses (végé ou pas) qui souhaitent en savoir plus et qui n’ont pas peur de questionner (ou pas) leur façon de manger 😉

New Year book challenge ! ✨ – Livre 3/12