Je bouquine

« Abyssia » de Diane Ozdamar et Tiphaine Zanutto

couv952197

« À une époque dominée par les technologies et les industries polluantes, les hommes détruisirent ce qu’il restait de la couche d‘ozone, gage de leur vie sur Terre. Contraints de coloniser un autre monde les abritant du rayonnement solaire meurtrier, ils trouvèrent leur salut dans les profondeurs marines. Abyssia, cité encerclée par l’étrangeté aquatique, dernier bastion de l’humanité, se heurta à un peuple doué de conscience : les Nouveaux Atlantes. Lui, presque homme, n’aurait, dans un monde normal, jamais dû ouvrir les yeux. Il n’en fut pas ainsi. Elle, si humaine, promise à une vie superlative, fut hélas condamnée à errer dans les abysses. Comment Ernestine, créatrice funeste, scientifique funambule oscillant entre devoir et moralité, scellera-t-elle son destin et celui de Grim ? »

Mon premier Artbook des géniales éditions du Chat Noir 🙂 et ça m’a pluuuu !!! Le travail éditorial est trèèèès réussi (comme toujours), les dessins magnifiques et la morale de l’histoire ne pouvait que me plaire !!! On suit donc les (més)aventures des derniers survivants de notre espèce qui, non contents d’avoir bousillé la planète, vont recommencer leur délire sous les abysses. L’histoire en elle même et la façon de l’amener et de l’écrire ont tout du conte (les fées en moins) et les (seulement) 48 pages du livre ne laissent pas présumer des nombreux questionnements qui y sont soulevés. Car ce qu’on nous propose ici est un portrait très critique de l’humanité en tant que groupe tout en questionnant son humanité (compréhension, bienveillance…). Car pour survivre, les habitants d’Abyssia vont faire preuve d’un anthropocentrisme sans limite. Ils vont tenter de coloniser les abysses pour en exploiter les ressources mais sans aucun respect ou compréhension de ce milieu et des autres individus déjà présents. Autant dire que je n’ai eu aucune empathie pour le personnage d’Ernestine qui, malgré des débuts de remises en question, ne change finalement de positionnement que lorsqu’elle finit par s’attacher à sa « créature ». Cette histoire pourrait avoir de nombreuses références : historique (colonisation), actualités (pollution de la planète), littéraire (« Frankenstein » pour la manipulation du vivant, « Roméo et Juliette » pour l’histoire d’amour dramatique) j’en passe. Bref, je recommande cette lecture rapide qui vous en met plein les mirettes 😉

cli6a-lc3a9chiquierdumal_dansimmonsLe challenge « Littérature de l’Imaginaire » – Livre 4/12