Je bouquine

« Modèle vivant » de Joann Sfar

couv7462923.jpg« C’est l’histoire d’un professeur de dessin qui s’appelle Joann Sfar. La direction des Beaux-Arts le réveille aux aurores afin de régler le problème du harcèlement sexuel à l’école. Rien que ça ?
C’est l’histoire d’une époque qui ne veut plus qu’on la représente. Les modèles se révoltent, vous arrachent les pinceaux des mains et vous disent : je vais le faire moi-même, mon portrait. »

Je ne pouvais pas ne pas parler de ce roman !!! Pour celles et ceux qui ne remettraient pas l’auteur, Joann Sfar c’est le mec qui se cache derrière la série « Le chat du Rabbin », Bd qu’on ne présente plus. Et, pour celles et ceux qui n’auraient jamais lu du Joann Sfar… l’expérience de lecture ne peut laisser indifférent(e). Pour ma part, j’adore cet auteur prolifique à l’univers bouillonnant. Et, j’avoue que ça fait toujours du bien de s’immerger dans l’univers et l’écriture d’une personne encore plus névrosée que soi (aucun jugement péjoratif de ma part !!!). Bref, ce cher Joann nous propose ici un témoignage tout personnel autour d’un thème ô combien d’actualité : le harcèlement (dénoncé et condamné dans ces pages). Il en questionne notamment les dérives dans nos relations sociales et les limites que cette épineuse question induit dans notre représentation de la réalité (des personnes notamment dans le dessin et la littérature) avec les contraintes d’une société de plus en plus judiciarisée et quelque peu ambivalente. Un gros problème pour un auteur comme lui qui écrit et dessine sa réalité et, à travers elle, ouvre une fenêtre sur les personnes présentes dans sa vie. Cela donne à son travail une note d’authenticité et de grande sincérité mais cela lui a aussi valu quelques embêtements. Bref, il y aurait encore beaucoup à dire sur ce roman trèèès trèèèès riche qui vaut vraiiiiment le détour !!! 😉

Je bouquine·Je papote

Bonne année 2019 et projets livresques !!!

Tu n’apprends jamais de tes erreurs ? Tu veux toujours en faire plus / trop ? Tu n’as aucun mental et ne peux résister à la tentation de lectures futures ? Eh bien, bienvenu(e) dans l’équipe !!! Donc, malgré 2 challenges abandonnés en 2018 faute de temps, je remets ça avec 2 challenges cette année + un club lecture. On y croit !!! 🙂

L’évidence même, je me suis inscrite pour à la 7ème édition du Challenge de l’Imaginaire organisé, comme l’année précédente, par Aurélia du blog Ma Lecturothèque. On peut d’ailleurs la remercier pour tout le boulot que cela doit nécessiter !!!

cli7bComme pour 2018, j’y vais mollo avec 12 livres à lire et chroniquer sur l’année. J’aime beaucoup ce challenge qui m’a permis de me remettre doucement mais surement à la SFFF et de me risquer hors de ma petite zone de confort pour mon plus grand plaisir !!!

Une nouveauté cette année, je vais me tenter le FeminiBooks Challenge qui, comme l’indique le titre, propose des lectures autour du féminisme !!! J’ai trèèès envie d’étayer un peu plus ma culture et ma connaissance de la littérature féministe. Mais, on va également y aller mollo avec 12 livres à lire en lien avec les différentes thématiques pour chaque mois de l’année :

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Et pour finir, je continue avec moult plaisir à participer au club de lecture de Emy qui propose toujours de supers découvertes et me donne le petit coup de pouce qui me manque pour m’attaquer à certaines grandes figures de la littérature classique (je suis plongée dans un recueil de poésie de Neruda c’est dire…). Le plus avec cette passionnée de littérature (et prof de lettres…) est le retour qu’elle fait des lectures proposées !!! On apprend, on pousse sa réflexion plus avant et c’est juste génial !!!

Je suis du genre ambivalente avec les challenges. Parfois, je déteste toutes formes de contraintes dans mes lectures, d’autres fois je trouve ces challenges ultra stimulants et très motivants ou je me transforme carrément en manageuse livresque survoltée avec tout un programme de lectures à faire… c’est généralement dans ces moments que j’écume les 2 bibliothèques que je fréquente (comme une droguée venant chercher sa dose) sans compter ma MonstroPAL et la bibliothèque que je suis en train d’ouvrir avec d’autres bénévoles sur mon village… eh ouiii mais j’y reviendrai une prochaine fois !!! Mon « mantra » pour cette année sera donc : pas de pression que du plaisir !!!

Bref, une belle et heureuse année à vous tou(te)s !!! Une énooorme valisé de petits et grands bonheurs, une santé en béton armée et une montagne de lectures !!! Bises !!! 😉

Je bouquine

« Town, tome 1 : Tueurs d’anges » de Rozenn Illiano

couverture-Tueurs-danges-300x400« Un jour de janvier, un cataclysme sans précédent décime la quasi-totalité de l’humanité en quelques secondes. Les survivants doivent affronter par la suite toute l’hostilité de la planète ravagée, les fous dangereux sillonnant les routes… et les hordes d’anges descendus du Ciel pour les exterminer. Le tout sous des coups lancinants frappés à la Grande Horloge de l’Apocalypse. Douze coups, six cents jours, à la fin desquels la réalité telle que nous la connaissons disparaîtra.
À travers le chaos, Ana part à la recherche d’un refuge où se terrer quand la fin viendra. Elle rencontre alors Élias, un clairvoyant qui s’est donné une mission : tuer un maximum d’anges, pour sa propre survie et celle de ses compagnons d’infortune. »

Avec tout l’enthousiasme dont je peux faire preuve (particulièrement quand mes neurones sont en ébullition après une lecture coup de cœur…), j’ai déjà parlé des romans et recueils de nouvelles de Rozenn Illiano (ici, là, un peu par ici et un peu par là). Bref, j’écris toujours un petit quelque chose de mon cru à chacune de mes lectures de cette autrice qui reste LA découverte de MON année de lectrice 🙂 J’adore son style, sa plume, son univers tellement riche !!! Elle excelle dans tout : des nouvelles à l’ambiance sombre et gothique, un roman vampirique où elle dépoussière et revisite le mythe, une novella entre légende et réalité… et ici elle s’adonne avec talent au roman post apo…

Mais, je vous arrête tout de suite si vous imaginez découvrir une énième dystopie vue et revue !!! Vous seriez bien loin du compte et c’est peu dire. Même si on retrouve les « codes » du genre (un groupe de survivants dans un monde dévasté après un cataclysme) tout le reste est inédit et tellement novateur. Vous en connaissez beaucoup de bouquins où vous tombez sur des anges avec armes au point qui buttent les rares survivants ??? Bref, impossible de lâcher ce bouquin, l’histoire est addictive, sans temps mort et juste géniale (et encore je ne vous parle même pas de la fin mouahahaha), la plume immersive, toujours aussi maitrisée, fluide et agréable… Parti pris original, chacune des trois grandes parties du roman est narrée par un des trois personnages principaux que nous découvrons plus avant : Ana (la fausse solitaire à la carapace blindée contre toute attache), Elias (le clairvoyant aux milles secrets) et Chester (un survivant au surprenant pouvoir). Les personnages secondaires ne sont pas en reste et viennent bien étoffer le « casting ». Bref, ce 1er tome envoie du bois et je suis impatiente de découvrir la suite !!!

Je suis toujours épatée par le talent de cette nana. J’ai rarement eu un coup de cœur de lectrice comme celui-ci et c’est juste le pied 😉 Heureusement pour moi, Rozenn est assez prolifique et nous réserve encore pas mal d’histoires à la Illiano OUF !!! 🙂

cli6a-lc3a9chiquierdumal_dansimmons Le challenge « Littérature de l’Imaginaire » – 12/12

Je bouquine

« Journal d’un vampire en pyjama, suivi de Carnet de board » de Mathias Malzieu

couv23971183« Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d’amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n’ai rien eu à inventer. Si ce n’est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur. »

J’adore Dionysos surtout, et en trèèès grande partie, depuis leur album « La Mécanique du cœur » que je connais par cœur (que dire de cette chanson complètement déjantée !!!). Album d’autant plus marquant pour moi car je l’écoutais en boucle dans ma 1ère voiture avant d’emboutir celle-ci dans un énorme poteau (je précise que cet accident avait pour origine une plaque de verglas et non une surdose de gnôle dans le gosier). J’ai récupéré le cd intact mais dû faire mon deuil de ma 4 roues. Je n’ai bizarrement jamais réécouté ce cd en bagnole…

J’ai eu l’ultime joie (et le rouge aux joues) d’avoir pu rencontrer Mathias Malzieu au salon du livre de Paris il y a quelques années. Le mec est accessible, sensible et attentif aux avis de ses lecteurs, ils nous offraient de jolis chocolats colorés de rouge (comme mes joues)… bref un mec vraiment sympa !!! Et quel auteur… j’adore tous ses livres mais celui-ci bat tous les records. J’ai écouté son histoire à lui, lu par lui même et ponctuée de quelques accords de ukulélé de… lui même… et il m’a complètement embarquée. Quel exercice que de décrire une expérience si personnelle de « frôle la mort » avec autant de poésie !!! La réalité de la maladie aura rarement été décrite avec autant de fantaisie onirique. On se délecte de ses jeux de mots, on savoure ses métaphores comme des gourmandises. Bref, le bonhomme a su tirer un texte magnifique et magique de cette expérience douloureuse dont il ne cache rien. Un roman autobiographique dans lequel on en apprend également plus sur la personne (et le grand amoureux) derrière les repettos et le costume trop petit. Ce bouquin donne envie de vivre, de s’attarder sur les petits grands bonheurs, d’être là ici et maintenant. Une belle leçon de courage !!! GROS COUP DE CŒUR !!! ❤ ❤ ❤

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« Le diable » de Léon Tolstoï

couv70838110« Irténiev, propriétaire terrien, est un homme sérieux, qui gère son domaine avec efficacité et rigueur. Marié à la douce et fragile Lise, romantique amoureuse qui l’idéalise, Irténiev fait de son mieux pour être à la hauteur. C’est sans compter sur Stépanida, une belle paysane impudique, au regard de braise, au corps vigoureux et à la peau laiteuse, qui met tous ses sens en émoi… »

Je voulais absolument parler de cette nouvelle ici pour plusieurs raisons !!! Déjà parce qu’il ne faut pas se fier à cette couverture toute pourrie. Et puis parce qu’il ne faut pas avoir peur du nom sur la dite « couverture toute pourrie » car ce cher Léon, auteur classique s’il en est, reste tout à fait accessible. J’ai trèèèès longtemps été une lectrice exclusive de classiques (dés la primaire, c’est dire…). J’ai délaissé quelque peu le genre pour nécessité impérieuse de renouveau durant un moment et j’y reviens doucement mais sûrement notamment grâce à Emy et son club de lecture. Et, parce que les classiques c’est juste le pied et que non Léon… je n’ai pas peur de toi !!!

Dans cette nouvelle, on suit l’entrée dans la vie adulte de Irténiev, jeune homme bourré d’idéaux qui vont doucement se fracasser devant son impossibilité à oublier une femme avec qui il entretenait une liaison avant son mariage. La femme ici n’est pas la tentatrice mais l’objet d’une obsession totale de la part du bonhomme qui finit par en perdre la raison à défaut de perdre son honneur. Tolstoï ne fait pas de cadeau au genre humain ici dont la tendance à l’autodestruction et les pulsions de mort le poussent à bousiller son bonheur durement acquis (une condition sociale respectable et une épouse aimante dans le cas de Irténiev). L’auteur maitrise son sujet, il amène les choses de façon tout à fait juste ce qui rend le récit tout à fait cohérent et crédible.

Je connaissais Tolstoï plutôt par le prisme de la décroissance, dont il est un des penseurs. Découvrir (ENFIN) sa plume était juste génial. Bref, je recommande ++ pour s’attaquer à l’œuvre de ce géant et démystifier un peu la bête 😉

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Bilan du « Pumpkin Autumn Challenge » and co.

miniature-pac-2018-9Petite note pour petit retour sur ce challenge automnal. Autant le dire tout de suite, ce n’est clairement pas une réussite. J’étais ultra motivée par mes choix de lectures mais je n’ai finalement lu que 5 livres (sur les 8 prévus) et quasiment fini le 6ème… Et c’est justement ce 6ème qui a cassé mon rythme. J’ai eu du mal à me plonger à fond dans l’histoire que j’ai un peu délaissée au profit d’autres bouquins (qui n’étaient pas du tout raccord avec le challenge). Bref, je me suis écoutée et lu ce qui me faisait envie. Je crois que ma fatigue a eu raison de mon « jusqu’au boutisme » maladif. Comme quoi, on peut aussi apprendre à lâcher prise durant un challenge livresque…

Bref, j’ai quand même allégé ma PAL de quelques blocs de papier :

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« Joyland » de Stephen King

« couv13393445Après une rupture sentimentale, Devin Jones, 21 ans, débarque l’été 1973 à Joyland, petit parc d’attraction sur le littoral de la Caroline du Nord. Il est embauché avec d’autres étudiants pour compléter l’équipe de forains, à la fois étrange et joyeuse. Sa rencontre avec un petit garçon doué de voyance, atteint d’une maladie grave, et surtout de sa mère, va changer la vie de Devin. Obsédé par le mystère du train fantôme soi-disant hanté par le spectre d’une femme égorgée 4 ans auparavant, le jeune homme se lance dans l’enquête. Un nouveau meurtre est-il possible ? Parviendra-t-il à l’éviter ? Une chose est sûre, l’aventure le changera à jamais… »

Ça fait un loooong moment que je n’ai pas écrit quelques mots par ici… Mais force est de constater que cumuler vie familiale, vie associative, vie sociale… ET vie professionnelle (trèèèès chargée) et bien ce n’est clairement pas possible à certains moments. J’ai donc cherché une solution pour avoir ma dose d’imaginaire, ma dose d’évasion à travers les mots des autres (et occuper utilement mes 1h30 de trajet quotidien en bagnole)… et me suis essayée pour la première fois au livre audio avec « Joyland » de Stefen King !!!

Autant le dire tout de site, je suis ravie de l’expérience et ultra convaincue par ce format audio !!! C’est totalement immersif surtout avec un auteur comme celui-ci qui aime à nous embarquer dans une ambiance bien à lui (début des années 70 ici), qui aime dresser une toile de fond bien étoffée pour son histoire. Et, la voix du « lecteur » est juste parfaite !!! Elle sert très bien l’histoire ponctuée de jargon de fête foraine et autres argots qui ont toujours une place de choix chez cet auteur.

Par ailleurs, ce roman est un bon Stefen King que je lis avec toujours autant de plaisir. On retrouve cette pâte, cette plume si particulière dont on ne se lasse pas. Et, on ne peut s’empêcher de retrouver un peu du petit Danny Torrance dans le personnage de Mike. Seul tout petit bémol, on le voit vite venir au Stefen, un peu trop peut-être, ce qui ne gâche en rien le plaisir de « lecture ». Bref, je recommande +++ ce roman 😉