Je bouquine·Je papote

Bilan de mes lectures / Février 2019

Ce début d’année est quelque peu laborieux. Je ne sais pas vous mais pour ma part je trouve que nous avons, sauf rares exceptions, des vies de tarés. En temps normal, entre le boulot, la vie de couple, la famille, les ami(e)s et j’en passe c’est déjà bien chargé mais quand s’y greffent quelques merdouilles… le précaire équilibre se casse littéralement la bibine et c’est la surcharge émotionnelle totale, le cour circuit du système, le bug intellectuel avec l’envie irrépressible de s’anesthésier les neurones… Non je ne fais pas l’apologie des formes d’échappatoires plus ou moins légales à notre portée 😉 j’explique un peu mon absence par ici et la petite panne de lecture de ces dernières semaines… je suis un peu en mode Mafalda qui déprime en ce moment…

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J’ai tout de même un peu lu et heureusement que les livres audio me sauvent la mise et me permettent un peu d’évasion durant mes longs trajets en bagnole qui pollue…

 

 

Petit bilan donc pour ce petit mois de février mais avec un gros coup de cœur pour « La vie devant soi » de Romain Gary ❤ et un autre énormissime coup de cœur pour la voix de Daniel Pennac… j’adorais l’auteur, j’idolâtre désormais la voix du conteur… Je traque sans relâche tout les romans audio de ce mec dont la voix me fait littéralement vibrer, je recommande +++

Je bouquine

« 2084 » de Boualem Sansal

couv30334415« L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions. Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l’existence d’un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion… »

J’écris cet avis quelques temps déjà après ma lecture dont je garde encore un souvenir très vivace notamment de l’ambiance si particulière dans laquelle nous plonge l’histoire. Ce roman est un hommage au magistral et visionnaire « 1984 » de George Orwell auquel Boualem Sansal fait de multiples clins d’œil et références. Il nous embarque dans la société ultra totalitaire de l’Abistan, dictature religieuse sous la soumission totale à Yölah (Dieu absolu) et régie par Abi son délégué (sorte de prophète centralisant tous les pouvoirs). On découvre au fil des pages toute la complexité de cette société à travers le personnage d’Ati, un pauvre bonhomme qui réintègre la société civile après des années passées au sanatorium pour grave maladie. Ati revient guéri de sa longue convalescence et c’est peu dire. Bien qu’il ne s’émancipe jamais totalement de son formatage, il émerge en lui des questionnements et le début d’une forme de liberté de pensée qui, peu à peu, va remettre en question les fondements de ses certitudes aveugles et de son asservissement. Ce cheminement ne se fera pas sans heurt et retranscrit très bien toute la difficulté de sortir des sentiers battus, d’aller à l’encontre de la pensée admise et imposée collectivement.

Malgré quelques longueurs, j’ai adoré cette lecture, la fine plume de l’auteur et bien sûr l’abilang… cette langue inspirée du nom d’Abi est géniale de simplicité tout en ayant une grande force d’évocation. Cette langue toute construite apporte une belle richesse sémantique au texte qui en est d’autant plus immersif. Texte qui dénonce sans jugement et avec beaucoup d’intelligence les dérives de certains régimes jusqu’à l’inconséquence la plus totale tant du système que du collectif et des individus. L’auteur propose ici un véritable pamphlet pour la liberté d’être et de penser. Bref, ce roman est un petit bijou !!!

 

cli7b Livre – 2/12

Je bouquine

« La vie devant soi » de Romain Gary

couv2975300« Histoire d’amour d’un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que « ça ne pardonne pas » et parce qu’il n’est « pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur ». Le petit garçon l’aidera à se cacher dans son « trou juif », elle n’ira pas mourir à l’hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré « des peuples à disposer d’eux-mêmes » qui n’est pas respecté par l’Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu’à ce qu’elle meure et même au-delà de la mort. »

J’écris cet avis à chaud encore la larme à l’œil, le cœur renversé et débordant d’amour pour ce roman qui est une tuerie intersidérale (et je pèse mes mots…).

C’est ma première lecture du grand Romain Gary que je tardais à découvrir je ne sais pas trop pourquoi, par peur d’être déçue peut être au vu de la réputation du bonhomme… Bref, la dite réputation n’est pas volée… ce mec manie le langage et la sémantique d’une si belle manière, c’est un vrai régal !!! Et que dire des mots prêtés au jeune Momo (héros et narrateur du roman élevé depuis ses 3 ans par Madame Rosa, ancienne prostituée). Ce personnage est tellement attachant : sa sensibilité exacerbée, sa maturité, son histoire, son cheminement, son amour et sa fidélité indéfectible pour sa Madame Rosa qu’il aime « même quand elle ne respire plus ».

Le résumé ci-dessus est assez réducteur et pas du tout révélateur de la richesse, de l’humour, de la vie débordante qu’on trouve dans ce roman. On ne tombe jamais dans le misérabilisme ou le pathos. La maladie, la mort, la prostitution, l’abandon sont abordés avec beaucoup de simplicité, d’humanité et sans jugement. En toile de fond, ce roman soulève toutefois une vraie question de société : pourquoi « enfoncer la vie dans la gorge de ceux qui ne veulent plus s’en servir ». Avec son regard d’enfant plus si jeune, Momo pose un regard critique sur le sens des règles qui régentent la vie.

Bref, j’ai adoré ce roman pour ses personnages, son message, son humour parfois noir, son univers décalé aux personnages bigarrés, marginaux et surtout cet amour fou et merveilleux entre cette vieille juive et ce jeune musulman, entre cette Madame Rosa en kimono et ce petit Momo philosophe. Gros coup de cœur ❤ ❤ ❤

Je bouquine

Bilan de mes lectures / Janvier 2019

Je reprends ce petit rendez-vous bilan de mes lectures mensuelles (pas sûre du tout de m’y tenir… nous verrons ça !!!).

Ce début d’année livresque était trèèès sympa. Je continue sur ma lancée avec les livres audio qui sont décidément un format que j’affectionne de plus en plus. Une bonne façon de mettre à profit mes trajets quotidiens et d’avoir mon cota de « lecture » 😉 J’avais quelques réserves mais suis désormais plus que conquise. Les livres audios sont assez chers mais on en trouve désormais en médiathèque !!! Seul bémol : je risque d’écou(l/t)er le stock de mes 3 bibliothèques bien trop rapidement… Bref, je recommande +++

Je bouquine

« Mercy Thompson, tome 1 : L’appel de la lune » de Patricia Briggs

couv43744331 » Les loups-garous peuvent être dangereux si vous vous mettez en travers de leur chemin. Ils ont un talent extraordinaire pour dissimuler leur véritable nature aux yeux des humains. Mais moi, je ne suis pas tout à fait humaine.  »
En effet, Mercy Thompson n’est pas une fille des plus banales. Mécanicienne dans le Montana, c’est une dure à cuire qui n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis et à sortir les griffes quand le danger frappe à sa porte. Mais ce n’est pas tout : son voisin très sexy est le chef de meute d’une bande de loups-garous, le minibus qu’elle bricole en ce moment appartient à un vampire, et la vieille dame très digne qui lui rend visite vient jeter des sorts sur son garage. Au cœur de ce monde des créatures de la nuit, Mercy se trouve mêlée à une délicate affaire de meurtre et d’enlèvement… »

Je commence tout doucement à lire de la Bit-lit et je dois dire que c’est vraiment sympa en alternance avec des lectures « plus exigeantes » (pas d’élitisme de ma part ! vous captez l’idée !!!). Les histoires de vampires, de loups garous et autres récits fantastiques ont quelque peu habités mes années d’adolescente (merci Buffy 😉 ) et je me replonge toujours dans ce genre d’univers avec une certaine nostalgie…

L’histoire ici est assez originale et servie par toute une mythologie et cosmogonie bien étayées et fournies. On suit les péripéties de Mercy, mécanicienne de métier (point appréciable), vivant dans une bourgade paumée où les choses vont très vite déraper. A travers elle, nous découvrons tout une société de l’ombre où loups, Faës et autres créatures cohabitent plus ou moins bien. On en apprend déjà pas mal dans ce 1er tome notamment sur le monde des loups garous et leur nature. Celle de Mercy reste par ailleurs un mystère, ce qui laisse présager de bonnes surprises dans les prochains tomes. Sans compter, le triangle amoureux dont les bases sont bien posées ici (je ne suis contre un peu de romance parfois !!!).

Bref, ce 1er tome est assez prometteur. L’écriture est très agréable et fluide, l’intrigue se tient (malgré quelques couacs dans la traduction). J’ai passé un bon moment de lecture et vais trèèès certainement me tenter la suite 😉

cli7b Livre – 1/12

Je bouquine

« Modèle vivant » de Joann Sfar

couv7462923.jpg« C’est l’histoire d’un professeur de dessin qui s’appelle Joann Sfar. La direction des Beaux-Arts le réveille aux aurores afin de régler le problème du harcèlement sexuel à l’école. Rien que ça ?
C’est l’histoire d’une époque qui ne veut plus qu’on la représente. Les modèles se révoltent, vous arrachent les pinceaux des mains et vous disent : je vais le faire moi-même, mon portrait. »

Je ne pouvais pas ne pas parler de ce roman !!! Pour celles et ceux qui ne remettraient pas l’auteur, Joann Sfar c’est le mec qui se cache derrière la série « Le chat du Rabbin », Bd qu’on ne présente plus. Et, pour celles et ceux qui n’auraient jamais lu du Joann Sfar… l’expérience de lecture ne peut laisser indifférent(e). Pour ma part, j’adore cet auteur prolifique à l’univers bouillonnant. Et, j’avoue que ça fait toujours du bien de s’immerger dans l’univers et l’écriture d’une personne encore plus névrosée que soi (aucun jugement péjoratif de ma part !!!). Bref, ce cher Joann nous propose ici un témoignage tout personnel autour d’un thème ô combien d’actualité : le harcèlement (dénoncé et condamné dans ces pages). Il en questionne notamment les dérives dans nos relations sociales et les limites que cette épineuse question induit dans notre représentation de la réalité (des personnes notamment dans le dessin et la littérature) avec les contraintes d’une société de plus en plus judiciarisée et quelque peu ambivalente. Un gros problème pour un auteur comme lui qui écrit et dessine sa réalité et, à travers elle, ouvre une fenêtre sur les personnes présentes dans sa vie. Cela donne à son travail une note d’authenticité et de grande sincérité mais cela lui a aussi valu quelques embêtements. Bref, il y aurait encore beaucoup à dire sur ce roman trèèès trèèèès riche qui vaut vraiiiiment le détour !!! 😉

Je bouquine·Je papote

Bonne année 2019 et projets livresques !!!

Tu n’apprends jamais de tes erreurs ? Tu veux toujours en faire plus / trop ? Tu n’as aucun mental et ne peux résister à la tentation de lectures futures ? Eh bien, bienvenu(e) dans l’équipe !!! Donc, malgré 2 challenges abandonnés en 2018 faute de temps, je remets ça avec 2 challenges cette année + un club lecture. On y croit !!! 🙂

L’évidence même, je me suis inscrite pour à la 7ème édition du Challenge de l’Imaginaire organisé, comme l’année précédente, par Aurélia du blog Ma Lecturothèque. On peut d’ailleurs la remercier pour tout le boulot que cela doit nécessiter !!!

cli7bComme pour 2018, j’y vais mollo avec 12 livres à lire et chroniquer sur l’année. J’aime beaucoup ce challenge qui m’a permis de me remettre doucement mais surement à la SFFF et de me risquer hors de ma petite zone de confort pour mon plus grand plaisir !!!

Une nouveauté cette année, je vais me tenter le FeminiBooks Challenge qui, comme l’indique le titre, propose des lectures autour du féminisme !!! J’ai trèèès envie d’étayer un peu plus ma culture et ma connaissance de la littérature féministe. Mais, on va également y aller mollo avec 12 livres à lire en lien avec les différentes thématiques pour chaque mois de l’année :

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Et pour finir, je continue avec moult plaisir à participer au club de lecture de Emy qui propose toujours de supers découvertes et me donne le petit coup de pouce qui me manque pour m’attaquer à certaines grandes figures de la littérature classique (je suis plongée dans un recueil de poésie de Neruda c’est dire…). Le plus avec cette passionnée de littérature (et prof de lettres…) est le retour qu’elle fait des lectures proposées !!! On apprend, on pousse sa réflexion plus avant et c’est juste génial !!!

Je suis du genre ambivalente avec les challenges. Parfois, je déteste toutes formes de contraintes dans mes lectures, d’autres fois je trouve ces challenges ultra stimulants et très motivants ou je me transforme carrément en manageuse livresque survoltée avec tout un programme de lectures à faire… c’est généralement dans ces moments que j’écume les 2 bibliothèques que je fréquente (comme une droguée venant chercher sa dose) sans compter ma MonstroPAL et la bibliothèque que je suis en train d’ouvrir avec d’autres bénévoles sur mon village… eh ouiii mais j’y reviendrai une prochaine fois !!! Mon « mantra » pour cette année sera donc : pas de pression que du plaisir !!!

Bref, une belle et heureuse année à vous tou(te)s !!! Une énooorme valisé de petits et grands bonheurs, une santé en béton armée et une montagne de lectures !!! Bises !!! 😉