Je bouquine

« Ze journal de la famille presque zéro déchet » de Bénédicte Moret

couv2810153« De la prise de conscience à un nouvel équilibre, le récit humoristique des péripéties d’une famille qui a choisi de ne plus produire de déchets afin de limiter le gaspillage. Avec, en fin d’ouvrage, des jeux, des tests et une recette de lessive au lierre à faire soi-même. »

Allez, on s’y remet espèce de feignasse ?!!! Ben oui, j’ai un peu oublié cette petite bulle d’expression dématérialisée ces derniers mois pour plein de raisons… et j’y reviens avec une lecture sympa et « légère ».

On ne présente plus La famille presque zéro déchet désormais bien connue dans le « milieu écolo » et… zéro déchet évidemment. Le grand intérêt de la démarche de cette famille (comme de Béa Johnson d’ailleurs, grande prêtresse du zéro déchet) est notamment l’aspect témoignage ou comment des gens comme vous et moi vivant dans une société moderne, industrialisée, de surconsommation à outrance ont fait le choix de changer de vie. Plusieurs livres ont déjà été publiés par la Famille presque zéro déchet, la « maman » illustratrice revient ici en bd sur leur parcours, le début de cette initiative pour réduire leurs déchets, les obstacles, les échecs, les petites et grandes victoires… mais de façon fraîche et drôle. Bref, la « maman » presque zéro déchet enfonce ici le clou des propos et messages des précédents bouquins du couple et ça ne fait pas de mal !!! Une bonne façon de se (re)motiver dans des choix de vie plus simples et plus vertueux pour Nénette la planète 😉

Je bouquine

Bilan de mes lectures / Novembre & Décembre 2019

Mieux vaut tard que jamais… Petit bilan de mes lectures de fin d’année 2019. Je vous cache pas que j’adore faire ces petits points, une façon de me replonger dans mes souvenirs de lectures…

Petit mois de novembre :

J’ai particulièrement aimé « Les carnets de Cerise » tome 1, une superbe BD pour enfants, le dessin est juste sublime !!! Gros bonus pour « La dernière sirène » et gros coup de ❤ pour « Onirophrénie » de Rozenn Illiano dont je ne me lasse pas de découvrir le riche univers !!!

Mois de décembre un peu plus « productif » (merci la semaine de vacance !!!) :

J’ai vraiment eu de supers lectures en décembre. Plusieurs bonus +++ pour la duologie Rozenn (que j’ai adoré), la biographie de Colette (qui ne peut que donner envie de se plonger dans ses romans et d’en apprendre plus sur cet autrice si atypique), le 3ème tome de « La guerre des tétons » et « Betty Boob » (qui sont de superbes claques dans la tronche aux préjugés sur le cancer du sein, de belles histoires sur la réappropriation du corps), « 7ème étage » (témoignage touchant et tellement éclairant sur les violences faite aux femmes et le phénomène d’emprise) et évidemment le roman d’Edouard Louis et « La servante écarlate » de Margaret Atwood !!!

Bref une belle fin d’année livresque !!! La nouvelle commence pas mal également (même si je n’ai pas échappé à l’épidémie de la gastro de la mort qui tue… dont le seul bénéfice serait un possible effet « détox » post excès des plaisirs de la table de décembre…). Re-bref, j’espère que ce début d’année vous apporte à vous aussi son lot de nouvelles et fabuleuses découvertes livresques !!! 😉

Je bouquine

« No et moi » de Delphine de Vigan

couv14255498« Lou Bertignac a 13 ans, un QI de 160 et des questions plein la tête. Les yeux grand ouverts, elle observe les gens, collectionne les mots, se livre à des expériences domestiques et dévore les encyclopédies. Enfant unique d’une famille en déséquilibre, entre une mère brisée et un père champion de la bonne humeur feinte, dans l’obscurité d’un appartement dont les rideaux restent tirés, Lou invente des théories pour apprivoiser le monde. A la gare d’Austerlitz, elle rencontre No, une jeune fille SDF à peine plus âgée qu’elle. No, son visage fatigué, ses vêtements sales, son silence. No, privée d’amour, rebelle, sauvage. No dont l’errance et la solitude questionnent le monde. »

J’ai découvert Delphine de Vigan avec son roman « D’après une histoire vraie » que j’avais adoré/dévoré et qui avait le très grand mérite d’aborder la délicate question de la maladie mentale et de la maternité. Bref, je ne pouvais pas passer à côté de ce roman-ci dont on a beaucoup entendu parlé lors de son adaptation cinématographique.

J’ai encore une fois adoooooré ma lecture. Delphine de Vigan met ici le doigt sur une question humaine et humaniste tellemeeeeeenent importante : notre confrontation ou déni devant la détresse d’autrui à travers le regard si singulier de Lou, adolescente surdouée à la vie (familiale, scolaire et amicale) pas toujours simple.

Sa rencontre avec No, jeune SDF croisée au hasard dans une gare parisienne, va changer le cours de sa vie de mille manières. Car, à travers cette rencontre, c’est tout ce que la rue fait, détruit, représente pour ces grands oubliés qui transparait. Une vie quotidienne de galère totale pour tout : dormir, manger, se laver, passer le temps, mettre ses affaires à l’abri, construire des relations durables, se « réadapter » ou se « réinsérer » à une vie « normale », se soigner, trouver du travail… Un constat devant lequel Lou ne va pas pouvoir rester sans rien faire et c’est là toute l’importance du bouquin : elle décide de ne pas accepter et va tout tenter pour aider No. La figure de celle-ci humanise également cette figure du SDF qu’on ne voit pas/plus, le roman remet l’individu au centre. L’amitié qui va se créer entre Lou et No n’en est que plus importante même si on ressent la fragilité de ce lien car la vie n’est pas simple et se reconstruire est un long chemin.

Bref, plus je découvre la plume de cette autrice et plus je l’apprécie et en goute toute la justesse. Ce roman est superbe !!!

Je papote

Bilan 2019 / Projets 2020

Sans titre.jpgJe vais commencer par le commencement pour ce premier article 2020 en vous souhaitant une belle et heureuse année, tout le bonheur possible et de magnifiques lectures évidemment 😉

Petit bilan de cette année 2019 pour ce petit espace tout personnel où je prends toujours autant de plaisir à partager, l’écrit est décidément un exercice très agréable qui convient à ma petite personne. J’ai publié 31 articles cette année, ça décline depuis l’ouverture du blog… J’ai participé et réussi le Challenge de l’Imaginaire et le Pumpkin Autumn Challenge… par contre j’ai complètement abandonné le FeminiBooks Challenge et le club de lecture de Emy qui me tenaient pourtant très à cœur…

2019 c’est également 137 livres lus pour 30113 pages, je suis plutôt contente de cette bonne reprise de lecture car sur ma petite planète une des grandes lois naturelles est plus de lectures = plus de bonheur, bonne humeur, bonnes énergies, bon moral… Bref, la lecture c’est un peu comme l’oxygène… quelque peu vital par chez moi…

On en vient à mes petites résolutions… A la base de l’ouverture du blog, j’avais à cœur de partager beaucoup plus que des lectures. Car, même si la lecture est la base de la base, je souhaitais faire part des trucs, recettes, astuces, créations, réflexions qui jalonnent mon parcours et pouvant, en toute humilité, être utiles à d’autres. Force est de constater que ce n’est plus le cas. Et, après réflexion, c’est en grande partie à cause de toutes les foutues injonctions que je mets au fur et à mesure de l’année… et notamment avec les challenges livresques que je m’oblige à terminer au détriment d’autres choses qui me plairait d’avantage de partager par ici… et que je ne fais pas faute de temps…

LA grande résolution pour moi cette année c’est donc moins de contraintes (la vie moderne nous en met suffisamment sur nos petites épaules) et plus de liberté (donc… pas de challenge pour moi cette année…), d’accepter de ne pas pouvoir TOUT faire, de TOUT lire, de TOUT découvrir… bref, mon crédo pour cette année sera : la tempérance !!!

Bref, j’espère que vous avez tou(te)s passé de bonnes fêtes de fin d’année avec les gens que vous aimez, avec de beaux livres sous le sapin… et que demander de plus je vous le demande ??!!! 🙂

PS : je ne juge ni ne critique les personnes qui ont à cœur de se lancer dans des challenges littéraires, qui sont par ailleurs géniaux. Je ne parle évidemment ici que de ma petite pomme, du manque maladif de temps après lequel je cours tout le temps (avec un gros sentiment de fatigue et de frustration…) 🙂

Je bouquine

« Rozenn, tome 1 & 2 » de Laëtitia Danae

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« Rozenn Kaplang est une djinn. Durant de longues années, son peuple a souffert de la domination des dagnirs, mais si l’esclavage est officiellement aboli, la liberté, elle, garde un goût amer. Et si une union entre princes et princesses de ces différentes tribus permettait de tirer un trait sur un douloureux passé ? »

Dernier article de l’année qui viendra également clôturer mon Challenge de l’Imaginaire 😉 eh ouiii on est encore dans les temps selon ma loi toute personnelle !!! Et je termine en beauté avec la lecture de cette duologie que j’ai littéralement bouffé !!! Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas plongée dans de la Fantasy et ça fait un bien fou 🙂

On suit le parcours de Rozenn et de ses deux sœurs, princesses Djinns, que le Sultan Dagnir souhaitent unir à ses trois fils dans un projet d’unir leurs deux espèces et cimenter un climat de paix. Les Djinns bénéficient officiellement d’une liberté mais dont la notion est clairement à nuancer mais c’est ce qu’on va progressivement découvrir. Les deux tomes se lisent à une vitesse folle, l’écriture est agréable sans coquille, la psychologie des personnages bien étoffées, l’intrigue vraiment bien. L’univers et la mythologies créés par l’autrice sont assez novateurs même si l’histoire en elle-même répond à certains schémas : une société de castes où les Dagnirs ont longtemps asservi les Djinns réduits en esclavage et exploités pour « leur fluide »… on la sent l’embrouille et le scénario d’une possible révolte ??? Mais ça ne gâche en rien le plaisir de lecture, il n’y a aucun temps morts, même l’histoire d’amour en fond m’a énormément plu (ce qui n’est pourtant pas trop mon truc)…

Bref, un vrai coup de ❤ pour cette duologie… j’ai passé un super moment !!!

cli7b

 

Livre – 13/12

Je bouquine

« La servante écarlate » de Margaret Atwood

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« Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l’Ordre a été restauré. L’Etat, avec le soutien de sa milice d’Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d’un Evangile revisité. Dans cette société régie par l’oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L’une d’elle raconte son quotidien de douleur, d’angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d’une vie révolue, d’un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. »

Comment passer à côté de ce roman ?! On le voit partout depuis le carton incontesté de la série télé… que je n’ai pas encore vu #team « je lis le livre avant » 😉 … Bref, ce roman ne détrompe pas sa réputation de dystopie glaçante et mérite très clairement son succès. Imaginez une société moderne, pas si éloignée de nous, où la fertilité a complètement chuté du fait de la pollution et autres joyeusetés… beaucoup de grossesses ne sont pas menées à terme, les nouveaux nés meurent prématurément… Ce à quoi répond une montée progressive de l’extrémisme religieux qui va finir par prendre le pouvoir et insidieusement détruire peu à peu les droits et libertés individuelles notamment et surtout des femmes. On découvre ici une sorte de dictature religieuse, un régime totalitaire de la pensée où toute la société est stratifiée, organisée selon un ordre bien établi et où chacun a sa place : les Commandants, les Epouses, les Yeux, les Tantes, les Martha… et les Servantes… des femmes fertiles devenues propriété du « régime » qui les met à disposition de couple de la caste des élites (un Commandant et son Epouse) en manque d’enfant… Le roman en lui même est le récit de Defred, Servante, qui décrit par le menu son quotidien, ses questionnements, ses espoirs, sa détresse… ce qu’elle fait pour survivre et s’adapter dans une certaine mesure à sa vie d’esclave.

La lecture de ce roman n’est clairement pas une sinécure mais propose une réflexion riche sur notre société, la chosification grandissante du corps et notamment celui de la femme, la féminité, les droits et libertés de la femme qui ne sont JAMAIS des acquis !!! Bref, je recommande vivement ce roman et vais m’empresser de découvrir son adaptation 🙂

cli7b

 

Livre – 11/12

Je bouquine

« Histoire de la violence » d’Edouard Louis

couv69830072« J’ai rencontré Reda un soir de Noël. Je rentrais chez moi après un repas avec des amis, vers quatre heures du matin. Il m’a abordé dans la rue et j’ai fini par lui proposer de monter. Nous avons passé le reste de la nuit ensemble, on discutait, on riait. Vers six heures du matin, il a sorti un revolver et il a dit qu’il allait me tuer. Le lendemain, les démarches médicales et judiciaires ont commencé. »

J’ai découvert Edouard Louis sur le plateau de la Grande Librairie lors de la parution de son 1er roman et le moins qu’on puisse dire c’est que ce jeune blondinet ne laisse pas indifférent. Son attitude, son vocabulaire, son parcours, le ton de sa voix… et évidement les romans qu’il écrit…

Encore une fois, l’auteur ne nous fait pas de cadeau avec ce second roman et ne nous épargne rien. Il décrit par le menu sa rencontre avec Reda, amant d’une nuit puis voleur, agresseur, violeur… et les jours et semaines qui s’ensuivent. Il revient avec beaucoup de finesse sur le moment de basculement où les choses ont totalement dérapé. Edouard Louis décrypte, dissèque tout, revient sur chaque instant de cette nuit terrible, tente de comprendre… pour parvenir à une forme de résilience certainement. Il partage la narration avec « sa sœur » (imaginaire ou non) à qui il prête une autre lecture des évènements, un regard plus critique, sorte de miroir de sa naïveté, de son inclinaison à justifier et excuser la violence… Un miroir également de ce qu’il est devenu, originaire d’une famille de prolos, rejeté pour son homosexualité par ses pairs, qui s’est émancipé de ses origines par les études et l’écriture. De son ambivalence et de cette forme de schizophrénie entre ses deux univers, son moi ancien et son moi actuel, des différences de codes et évidemment de langage qui est très frappant entre les deux narrateurs, Edouard et « sa sœur ».

Bref, il s’agit ici d’un roman coup de poing qui ne laisse clairement pas indifférent(e). Je recommande +++