Je bouquine

Bilan lectures / Septembre & Octobre 2020

Petit bilan de mes dernières lectures 🙂

En septembre, premier mois à 4 à la maison depuis la naissance de n°2 avec des nuits (trooop) courtes et peu de temps pour lire, mais j’ai terminé une saga ouhou !!!

En octobre, on commence à prendre notre rythme et je peux me dégager un peu de temps pour lire re ouhou !!!

Gros coup de cœur pour la BD « A la vie » de l’Homme étoilé et, dans un tout autre registre, pour « Manuel très illustré d’allaitement » qui est ultra complet et très accessible !!! J’ai également adoré l’essai de Mona Chollet et le recueil de nouvelles de Margaret Atwood, d’excellentes lectures !!!

J’ai lu « L’affaire des coupeurs de têtes » de Moussa Konaté et « 1902 » de Fabienne Lejamble (lecture tout à fait opportune pour Halloween, j’ai bien eu les miquettes 🙂 ) dans le cadre du club de lecture et du coffret littéraire des Roseaux Pourpres que je recommande toujours autant. Olivia a animé un live sur insta fin octobre et c’était vraiment sympa d’avoir cette petite bulle d’échanges livresques 😉

J’espère que vous vous portez tou.te.s bien en cette période que l’on peut tout à fait qualifier de bien merdique… Prenez soin de vous !!! 🙂

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« L’affaire des coupeurs de têtes » de Moussa Konaté

« À Kita la foule venue accueillir l’équipe de foot est repartie de la gare en dansant et en abandonnant sur place un mendiant immobile et surtout sans tête. Dans la nuit un esprit vêtu de rouge est passé dans la colline armé d’une torche. Le matin suivant, un autre mendiant décapité a été trouvé au marché. Le commissaire Dembélé et son adjoint, le moderne Sy, sont dépassés par la situation. Les notables et les religieux y voient un châtiment de la dépravation moderne. Le commissaire Habib est envoyé à leur rescousse, il connaît bien la ville et ses coutumes. Il sait résister aux pressions multiples. Habib et le jeune Sosso, son adjoint, mènent l’enquête, chacun selon son style et ses compétences, et évitent les embûches qu’on leur tend pour que rien ne bouge. Les cadavres sans tête se multiplient, les jeunes gens modernes font des affaires et les religieux prient. Mais que deviennent ces têtes sans corps ?« 

J’ai lu ce roman dans le cadre du club de lecture Les roseaux pourpres et du second coffret littéraire de Olivia. N’étant pas une fana de policier, cette lecture m’a clairement fait sortir de ma zone de confort et l’expérience était très sympa 🙂 d’autant plus que ce roman nous fait découvrir le Mali un pays dont je ne connaissais que peu de choses si ce n’est rien. En quelques pages, j’en ai appris plus sur l’histoire de ce pays, ancienne colonie française dont l’indépendance ne date que de 1960, que durant toutes mes études notamment en fac d’Histoire… ce qui en dit long sur l’enseignement de l’histoire coloniale française dans nos écoles et universités… Pour en revenir au roman, on se laisse prendre par l’intrigue mais ce qui m’a le plus plu est l’immersion dans la société malienne : la diversité des ethnies, l’ambivalence entre modernité et superstitions… et c’est là que le bas blesse car j’aurais vraiment aimé en lire beaucoup plus sur le Mali, que l’auteur s’attarde un peu plus pour nous décrire la ville de Kita, son marché, ses rues, ses mœurs… Bref, je suis restée un peu sur ma faim avec cette lecture mais très contente d’avoir découvert cet auteur 😉

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« Mort en lisière » de Margaret Atwood

« Un jour, insidieusement, leur quotidien dérape. Sur un souvenir, un incident, une rupture, une prise de conscience. Le constat qu’ils dressent alors de leur propre existence a un goût doux-amer, lucide et ironique. Voilà le lien secret qui unit les protagonistes – hommes et femmes, femmes surtout – de chacune de ces dix nouvelles. Du Canada urbain à celui des grandes étendues sauvages, depuis des fouilles archéologiques en Écosse aux bureaux d’un journal à la mode, d’une disparition en montagne au microcosme d’une colonie de vacances, d’une traîtrise amicale à une exquise vengeance amoureuse, de la fin des années 1950 au début des années 1990, Margaret Atwood nous offre dix récits tendres et incisifs qui confirment son intelligence aiguë de la société contemporaine. »

Je suis une lectrice un peu difficile en terme de nouvelles. Comme beaucoup, j’ai souvent un gout de trop peu avec le sentiment que la nouvelle mériterait tout un roman afin d’y développer les personnages, leur caractère, l’univers et environnement de l’histoire… bref, je ne suis pas fana du genre… Eh bien là j’ai tout simplement adoré. Margaret Atwood nous dépeint 10 tranches de vie d’hommes et de femmes où « La mort est en lisière »… en ce sens où la ligne directive de ce recueil semble être le deuil : celui d’une histoire passée, d’une relation présente, de l’image fantasmée ou du souvenir d’une personne aimée, d’une amie… Il est question de perte à différents niveaux et contextes de vie. Les histoires sont toutes très différentes et on prend plaisir à se laisser glisser à chaque fois dans un nouveau décor sans que cela enlève une sorte de cohérente au recueil. Pour celleux qui ne connaissent pas la plume de Margaret Atwood, son style est très fluide, précis et agréable à lire. Bref, je recommande cette lecture, ce recueil peut être par ailleurs une bonne entrée dans l’œuvre de l’autrice 😉

Je bouquine·Je papote

Bilan lectures / Juillet & Août 2020

Petit bilan de mes lectures estivales !!!

Au mois de juillet, ça sentait clairement la préparation pour l’arrivée de n°2 niveau lectures qui n’ont pas été nombreuses car n°1 était en vacances et qu’il fallait que je m’attelle à occuper cette boule d’énergie… munie de tout mon courage avec ces chaleurs caniculaires, le ventre de la taille d’une planète, des cernes jusqu’aux genoux et armée de mes superbes bas de contention…

Très contente d’avoir terminé la saga « Ana l’étoilée » aux éditions du Chat Noir, lecture sympa même si l’histoire ne m’a pas vraiment embarquée contrairement à « L’Ouroboros d’Argent » de la même autrice que j’avais adoré. Un de mes objectifs de lecture des prochains mois est d’ailleurs de liquider au maximum mes sagas en cours !!! Gros coup de ❤ pour le roman « Dans la forêt » que je recommande +++ ainsi que la BD de Lucile Gomez qui est clairement d’utilité publique !!!

Au mois d’août, peu de lectures mais la naissance de n°2 doit en être une des raisons 😉 J’ai quand même participé au club de lecture des Roseaux pourpres suite à mon achat du coffret littéraire attenant et au « Défi réalisme magique » de Madame Irma. Et, je dois dire que ça m’a bien boostée niveau lecture tout en prenant beaucoup de plaisir et ce pour plusieurs raisons : peu de lectures « imposées » et sans réelle contrainte de temps contrairement à certains challenges et donc pas de pression !!!

Ravie d’avoir découvert la plume de Dany Laferrière que je recommande +++ tout comme le coffret littéraire Les Roseaux Pourpres d’Olivia dont il faisait parti. J’en profite pour lui faire un peu de pub car j’adoooore ce qu’elle propose : son second coffret est d’ores et déjà dispo !!! 😉 Une mention spéciale pour Luis Sepulveda dont j’adore décidément le style !!! Et autre mention pour le livre de Damien Dekarz sur la permaculture qui est juste génial : simple, accessible, pratique…

J’espère que votre été s’est bien passé malgré le contexte actuel quelque peu particulier ainsi que votre rentrée !!! Je vous souhaite de merveilleusssssses lectures 😉 !!!

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« Chez soi » de Mona Chollet

« Le foyer, un lieu de repli frileux où l’on s’avachit devant la télévision en pyjama informe ? Sans doute. Mais aussi, dans une époque dure et désorientée, une base arrière où l’on peut se protéger, refaire ses forces, se souvenir de ses désirs. Dans l’ardeur que l’on met à se blottir chez soi ou à rêver de l’habitation idéale s’exprime ce qu’il nous reste de vitalité, de foi en l’avenir. Ce livre voudrait dire la sagesse des casaniers, injustement dénigrés. Mais il explore aussi la façon dont ce monde que l’on croyait fuir revient par la fenêtre. Difficultés à trouver un logement abordable, ou à profiter de son chez-soi dans l’état de  » famine temporelle  » qui nous caractérise. Ramifications passionnantes de la simple question  » Qui fait le ménage ? « , persistance du modèle du bonheur familial, alors même que l’on rencontre des modes de vie bien plus inventifs… Autant de préoccupations à la fois intimes et collectives, passées ici en revue comme on range et nettoie un intérieur empoussiéré : pour tenter d’y voir plus clair, et de se sentir mieux. »

On ne présente plus la désormais très connue Mona Chollet, journaliste et autrice d’essais dont le bien connu « Sorcières ». J’ai acheté celui-ci durant le confinement trouvant que cette lecture se prêtait particulièrement bien au contexte… Et, avec cet essai, on prend la mesure de ce que la notion de « chez soi » questionne : notre rapport à l’espace, à l’autre, à la famille, à la modernité, il est également à l’image d’une société, d’une classe sociale, d’une époque… dans lesquelles il s’inscrit. Mona Chollet découd ce « chez soi » à travers plusieurs points : le fait d’être casanier dans une société de l’hypermobilité, l’invasion de cet espace privé par l’Autre via internet, le rapport à l’espace avec l’émergence des Tiny house notamment (que l’autrice dénonce comme une réponse à la montée de la précarité et du problème d’accès à un logement personnel), le fait que nos vies modernes ne nous permettent plus d’investir cet espace intime faute de temps, la place des femmes à travers l’entretien de ce lieu de vie, les différents modes d’habitat (individuel, collectif…) et enfin la question de la maison idéale véhiculée par nos sociétés individualistes.

J’ai adoré cette lecture riche en réflexions. La plume de Mona Chollet est simple, agréable et rend son propos très accessible. Comme dans ces autres publications, elle propose un essai très documenté et riche en référence bibliographiques pour celleux qui souhaiteraient aller plus loin. Bref, je recommande +++ cette lecture 😉

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« À la vie ! » de L’homme étoilé

« Un roman graphique relatant le quotidien d’un infirmier dans un service de soins palliatifs avec pudeur et humour. »

Voilà un magnifique roman graphique qui m’a été offert pour mes 30 balais et quelques poussières… par une magnifique personne qui se reconnaîtra 😉 !!! J’ai découvert le travail de ce balèze d’infirmier tatoué fan de Queen dans Causette et le moins que l’on puisse dire c’est que le parti pris de son travail est juste génial : montrer la vie dans un service médical voué à accompagner les derniers instants et c’est juste une très belle réussite !!!

On y découvre les rencontres de L’homme étoilé avec des patients qui ont marqué son parcours professionnel, des rencontres avec des personnes bien réelles avec une histoire, des plaisirs, un parcours de vie… avant d’être des malades. On y lit aussi à quel point l’humain est fondamental dans une prise en charge globale : écoute, partages, échanges… aussi importants si ce n’est plus que les actes médicaux en eux mêmes. D’ailleurs, L’homme étoilé explique pourquoi il travaille en unité de soins palliatifs : il peut prendre du temps avec les gens car moins de patients à charge. Le ratio professionnels/patients est indéniablement meilleur que dans les autres services de médecine (où des gens meurent par ailleurs également mais avec beaucoup moins de disponibilité de la part des professionnels qui font ce qu’ils peuvent).

On est touché par ces histoires et portraits de personnes que l’on sait disparues c’est peut être cela qui donne également autant de force à ce témoignage… Les dessins sont par ailleurs tops, j’aime beaucoup le trait simple et efficace sans fioriture qui va à l’essentiel et laisse toute la place au récit. Bref, je recommande +++ cette lecture !!! Gros coup de ❤ !!!

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« Changer avec le climat : Face à l’urgence redonner un sens à son quotidien » de Bernard Farinelli

41kqf1lJh0L._SX331_BO1,204,203,200_« Les conséquences du changement climatique affectent de plus en plus notre quotidien et nos habitudes. À l’échelle individuelle, locale, nationale, internationale, des solutions existent pour y faire face et pour en limiter autant que faire se peut les effets. D’un point de vue personnel et familial, que pouvons-nous faire face à l’urgence ? Avec ce guide, Bernard Farinelli propose une méthode au quotidien. Alliant réflexion et conseils pratiques, il donne les clés pour agir dans tous les domaines : eau, alimentation, santé, jardin, énergie, autonomie, animaux, déplacements… Loin des idées reçues, il invite tout un chacun, après la prise de conscience qui secoue la société, à rentrer dans l’action avec convivialité, plaisir, volonté. Porteur d’une grande foi, ce livre original fait partie de ceux qui conduisent à retrouver une philosophie saine et optimiste de la vie sur notre unique planète. Il n’y a plus de temps à perdre ; à nous donc de passer à l’acte ! »

Voilà le genre de petit guide que je cherchais depuis un moment : pratique et simple, riche en idées à creuser, adapter et mettre en place selon nos situations et surtout cadres de vie. L’auteur ne revient que partiellement sur l’urgence climatique en tant que telle, celle-ci étant le postulat de départ avéré et irrévocable de sa réflexion et de son livre. Je précise que ce bouquin n’est pas pour autant anxiogène mais propose des solutions et réflexions concrètes et pratiques. En effet, Bernard Farinelli aborde et questionne les différents pans de la vie quotidienne à changer afin de s’adapter au mieux au réchauffement climatique : potager, jardin, animaux, alimentation, gestion de l’eau, climatiser son lieu de vie, déplacements… Il ne prône pas l’autonomie totale ou l’autarcie mais encourage la mise en place d’alternatives et d’actions directement sur son lieu de vie immédiat. Seul bémol, ce guide s’adresse surtout à des personnes disposant d’une maison ou du moins un jardin. Bref, je recommande cette lecture +++ 😉

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« Le tour du monde en 72 jours » de Nellie Bly

couv64721817« En plein essor du journalisme embarqué, dépêcher un reporter pour battre un record fictif du tout du monde était une bonne idée. Envoyer une femme en était une meilleure encore. Lorsque Nellie Bly entreprend sa circumnavigation en novembre 1889 pour le journal New York World, elle part seule, chargée d’un unique sac à main de voyage. Son objectif : coiffer au poteau Phileas Fogg, le héros britannique du roman de Jules Vernes, Le Tour du monde en 80 jours. Costume de voyage – cape, veste bleue à col haut, jupe, long manteau de tartan et mallette de cuir –, Nellie Bly boucle en 72 jours une ode à l’audace et à la détermination sans jamais se départir de son impeccable autodérision. Après 10 jours dans un asile, le succès inouï de cette nouvelle aventure consacre Nellie Bly comme figure de la lutte pour l’émancipation des femmes et pionnière du journalisme d’investigation. »

Ce classique de la littérature journalistique faisait parti du coffret littéraire Les Roseaux Pourpres et m’intriguait décidément beaucoup.  J’ai découvert Nellie Bly dans un hors série de Causette et le parcours de cette nana ne laisse clairement pas indifférent : femme indépendante dans les EU de la fin du 19ème, célibataire sans enfant, pionnière du journalisme d’investigation et du reportage clandestin. A tout juste 25 ans, elle réalise seule un tour du Monde en 72 jours munie d’une seule robe et d’un petit sac de voyage. On imagine aisément l’aplomb, le culot et le courage de cette jeune femme pour se lancer dans une expédition pareille dans le contexte de l’époque !!! Nellie Bly fait donc part ici des différentes étapes de son voyage dans un style évidemment très journalistique. On y découvre également les coupures de presses évoquant son périple parues dans le New York World, journal pour lequel elle travaille.

Je ne lis pas beaucoup de récit de voyage car j’ai du mal à m’immerger totalement dans ce genre et cela rend parfois ma lecture un peu fastidieuse et longue. Ce livre assez court se lit toutefois rapidement de par l’écriture assez fluide et le personnage même de cette journaliste à la si grande détermination. On peut reprocher certaines remarques teintées de chauvinisme, d’ethnocentrisme mais aussi de racisme ce qui est très représentatif de la société américaine de l’époque. Malgré ces défauts, on ne peut rester insensible au projet fou de cette femme qui reste une figure trop peu connue du féminisme. Bref, je recommande cette lecture !!! 😉

 

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« L’énigme du retour » de Dany Laferrière

couv39808100« Un matin, on téléphone à l’écrivain : son père vient de mourir. Son père qui, dans un parallèle saisissant, avait été exilé d’Haïti par le dictateur Papa Doc, comme lui, des années plus tard, l’avait été par son fils, le non moins dictatorial Bébé Doc. C’est l’occasion pour le narrateur d’un voyage initiatique à rebours. Il part d’abord vers le Nord, comme s’il voulait paradoxalement fuir son passé, puis gagne Haïti pour les funérailles de son père. Accompagné d’un neveu – qui porte le même nom que lui -, il parcourt son île natale… »

Lecture proposée dans le coffret littéraire et club de lecture Les Roseaux Pourpres dont j’ai déjà parlé ici et que je recommande +++. L’occasion de découvrir la si belle plume de Dany Laferrière (membre de l’Académie Française) qui partage ici son retour à Haïti après 30 ans d’exil et le décès de son père.

Ce roman biographique est donc avant tout un livre sur l’exil qui brise des parcours de vie et sépare des familles : l’auteur a fui son pays tout comme son père décédé sans jamais avoir revu son pays, femme et enfants. C’est également un roman sur l’identité : on est d’ici mais plus vraiment, tout en étant pas non plus de « là-bas ». L’auteur retranscrit bien cet entre deux inconfortable, la question de la légitimité d’être à sa bonne place, le lien avec sa famille et son pays natal bridé par des décennies de séparation… C’est aussi un grand roman sur Haïti dont l’auteur ne cache rien : faim, pauvreté, corruption, violence mais aussi beauté, traditions, courage et générosité de ses habitants. Une Haïti affamée mais digne avec une jeunesse en quête de sens.

Le récit est servi par un style narratif changeant un peu déroutant en début de lecture tout en étant très poétique. Il y a de nombreux allers retours entre présent et passé mais ce flou dans la narration retranscrit parfaitement ce sentiment de latence et de temps suspendu quand le deuil nous frappe. C’est très immersif, et une fois dedans difficile de lâcher ce bouquin !!! Bref, j’ai vraiiiiment adoré cette lecture  que je recommande +++ 🙂

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« Baise-moi » de Virginie Despentes

couv26420131« Elle est surprise d’être aussi vulnérable, encore capable de douleur. Au début, on croit mourir à chaque blessure. On met un point d’honneur à souffrir tout son soûl. Et puis on s’habitue à endurer n’importe quoi et à survivre à tout prix. On se croit endurcie, souillée de bout en bout. L âme en acier trempé. » Nadine et Manu sont deux filles de leur époque, à une nuance près elles refusent de subir la vie, ses frustrations et ses défaites. Alors, elles forcent le destin à accomplir leur volonté, persuadées que tout ce qui ne les tuera pas les rendra plus fortes. De casses de supermarché en revanches sanglantes, elles deviennent des prédatrices insatiables et sans scrupules, parsemant leur sale balade de sentences bien brutales, syncopées et implacables. »

On ne présente plus Virginie Despentes dont l’essai « King Kong théorie » reste une lecture nécessaire et incontournable !!! J’ai enfin lu son premier roman qui trainait sur mes étagères depuis des années et le moins que l’on puisse dire c’est que, comme souvent avec cette autrice, cette lecture est inclassable et totalement hors normes. On suit les parcours de deux femmes, Nadine et Manu, qui tentent de survivre dans un quotidien fait de non sens et d’autodestruction (prostitution, pornographie, excès et déviances en tous genres…) mais aussi de grande précarité financière et affective dans une banlieue parisienne machiste, pauvre et n’offrant aucune perspective. Le point de rupture dans cet équilibre de vie déjà précaire est un viol et un meurtre qui vont finir par les réunir pour le meilleur et pour le pire.

ATTENTION, ce roman ne s’adresse vraiment pas à tout le monde : c’est violent, la morale laisse ici toute la place à la déviance la plus farouche, à des sexualités débridées, à l’absence totale de limite entre le bien et le mal. C’est un vrai remake hardcore de « Thelma et Louise » où deux femmes brisées vont se déchaîner et semer la mort à tout va sans pitié ni scrupule. On sort de cette lecture secoué, écœuré… difficile pour moi de me faire une idée sur ce roman extrêmement dérangeant… Bref, je ne recommande pas cette lecture à tout le monde bien que découvrir la plume de Virginie Despentes reste une formidable aventure 😉