Je bouquine

« Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » d’Aurélien Barrau

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« Écologie : il faut agir maintenant, il n’est pas trop tard pour éviter le pire ! La question écologique engage notre survie. Elle ne peut pas être considérée comme secondaire.  » La vie, sur Terre, est en train de mourir. L’ampleur du désastre est à la démesure de notre responsabilité. L’ignorer serait aussi insensé que suicidaire. Plus qu’une transition, je pense qu’il faut une révolution. Et c’est presque une bonne nouvelle. Ce livre fait suite à l’appel, signé par 200 personnalités, que l’actrice Juliette Binoche et moi avons lancé dans le journal Le Monde du 3 septembre 2018. « 

On ne présente plus Aurélien Barrau qui, bien qu’il se fasse de plus en plus discret, est apparu dans moult médias afin de promouvoir son message dont il ne se veut être qu’un simple passeur. Aurélien Barau a la grande qualité d’exposer les choses de façon claire, accessible, indéniable avec beaucoup de modestie et de pédagogie. Il ne prétend pas avoir toutes les réponses et solutions aux problèmes systémiques de notre civilisation humaine dont la résultance est la destruction pur et simple de notre habitat et du vivant dans sa globalité. Aurélien Barrau présente un constat simple, avéré scientifiquement et irréfutable de la situation catastrophique de l’état de notre planète que, objectivement, nous surexploitons, polluons, dénigrons… Car, n’ayons pas peur de jeter un pavé dans la mare, nous n’avons désormais AUCUNE excuse pour ne rien faire et pour ne pas changer !!! Nous avons accès à l’information, nous savons de façon certaine ce qui nous attend à l’échelle de notre vie et celle de nos enfants… pas dans 150 ans mais demain !!! Aurélien Barrau ne se pose pas pour autant en donneur de leçon et comme exemple irréprochable à suivre : et c’est là sa grande qualité !!! Mais, je partage comme d’autres sa frustration face au manque total d’inertie notamment du monde politique dans des prises de décisions radicales pour la défense de la nature et donc accessoirement de notre survie mais pas que… Car avec nous, nous embarquons des milliers d’espèces animales et végétales qui ne sont en rien responsables de la situation et ne sont que des victimes comme tant d’autres de la démesure abyssale de notre prétention sur la nature qui ne nous appartient pas !!!

A noter que Aurélien Barrau est astrophysicien et ne se pose aucunement en spécialiste du climat mais force est de constater que sa place de chercheur et position professorale ont le bénéfice indéniable de donner du poids et du crédit à son discours dans les médias et auprès des gens non sensibilisés, sceptiques ou autres…

Bref, lisez ce livre, sensibilisez-vous, informez-vous, prenez acte !!! Car, si le discours écolo est indéniablement anxiogène, agir et faire ce qu’on peut de sa propre place à le grand mérite de nous mettre en action et de ne pas se sentir totalement impuissant. 😉

PS : Aurélien Barrau a récemment participé à LGL dont je recommande +++ le replay

Je bouquine

« Le Père Goriot » d’Honoré de Balzac

couv54076938« Rastignac est un jeune provincial qui cherche à s’insérer dans la société parisienne. Il lui manque les manières et l’argent. Pour parvenir, il côtoie les femmes du monde, mais reste attaché à son voisin de la pension Vauquer, le père Goriot, vieillard malheureux abandonné de ses filles. Vautrin, forçat évadé, Marsay, politicien ambitieux, et Rubempré, écrivain talentueux, sont animés du même désir de pouvoir. Ils apprennent, chacun à leur manière, les complicités et les alliances indispensables dans une société gouvernée par les intérêts. Seules figures du désintéressement : le père Goriot, vaincu par son amour paternel, et Mme de Beauséant, abandonnée du Tout-Paris. La passion bout dans cette maison comme dans une cocotte-minute, les pages se tournent toutes seules ; c’est ce que chaque palier de la pension Vauquer est devenu. »

Ce roman prenait la poussière sur mes étagères depuis 2013… oui il était temps !!! C’est le challenge #maiavecbalzac de Madame Irma (dont je recommande vivement la chaîne YT que j’adoooore !!!) qui m’a décidée et ce pour plusieurs raisons : possibilité de lire un seul roman dans le mois, pas besoin d’acheter un bouquin déjà dans ma PAL et surtout sa façon de parler de l’auteur !!! J’ai toujours été une lectrice de classiques mais ce titan de la littérature française me faisait un petit peu peur… à tord !!!

Balzac nous embarque ici auprès des pensionnaires d’une pension bourgeoise dans le Paris du XIXème tenue par la veuve Vauquer. Il dresse ici des portraits haut en couleur de personnages truculents à souhait non sans humour mais sans pour autant tomber dans la caricature. Les 3 personnages qu’on pourrait dire principaux sont le Père Goriot, vieil homme ruiné pour l’amour de ses filles, Rastignac jeune provincial ambitieux, naïf mais non dénué de principes et enfin Vautrin ancien forçat qui trempe dans pas mal de magouilles.

Je le dis tout de suite, ce roman est une tuerie et un pur plaisir de lecture. Alors oui c’est un classique donc il faut tout de même apprécié à minima le genre. Et oui c’est du Balzac dont l’écriture foisonnante nous sert une bonne louchée de descriptions (surtout au début afin de planter le décor mais cela sert le récit par la suite). Les premières dizaines de pages sont un peu laborieuses mais une fois les personnages introduits dans le récit c’est juste génial. La façon dont Balzac dépeint les caractères et sentiments humains est magistrale. Ce bonhomme était un fin observateur des dynamiques sociales et mœurs en vigueur dans le Paris de son époque, société sur laquelle il porte un regard critique non sans intérêt. C’est également un grand roman d’apprentissage à travers le personnage de Rastignac, un roman sur la paternité presque christique ou très malsaine selon les points de vue de ce pauvre Goriot, un roman sur l’arrivisme et le pouvoir de l’argent dans une société mondaine et parisienne cruelle. Il est également question des femmes et de leur place dans cette société patriarcale où un mariage malheureux a tout d’une prison…

Bref, j’ai vraiment adooooré cette lecture !!! Pour ceux qui en auraient l’occasion, je vous recommande la visite de la maison de Balzac à Paris dans le 16ème seul/e avec un bon bouquin, assis/e sur un des bancs du petit jardin… c’est un pur plaisir !!! 😉

Je me bichonne·Je papote

1 mois de désintox… Tome 3 !!!

img_2863C’est reparti pour un mois de juin de désintox sans internet !!! Comme les années précédentes, j’ai hâte de retenter cette expérience bien qu’elle ne soit, à regret, pas totale… En effet, difficile de se passer complètement du net avec l’école à la maison (programmes envoyés par mail avec des liens) et tout l’administratif quotidien d’une famille lambda (mails, assurances, relevés de banque, Caf, Sécu…). Bref, ce mois a surtout pour objectif de me déconnecter les neurones de tout ce qui n’est pas indispensable (je précise que je n’ai plus de tv depuis que j’ai quitté le nid parental… autant dire une éternité !!!). Bye bye donc les réseaux sociaux (que j’utilise très peu sauf insta consulté avec une bien trop grande assiduité…), Livraddict (tu vas me manquer…), les blogs (dont celui-ci) et surtout… You Tube qui, dans mon cas, est une véritable addiction…

Je ne vais pas rajouter de tartine sur l’impact délétère de l’exposition aux écrans sur le sommeil, la concentration, la fatigue nerveuse… L’usage d’internet représente des heures de vies pour chacun/e d’entre nous au quotidien au détriment d’autres activités possiblement plus profitables pour notre bien être. Attention, je ne juge personne et suis moi même une grosse consommatrice de contenus web !!! Chacun.e fait bien ce qu’il veut 😉 mais cet usage intensif voire addictif qui prend une part si importante dans nos vies me questionne. Et, force est de constater que pour ma part les effets positifs des précédents « mois de désintox » sur mon stress, mon sommeil, mon humeur, mes lectures, ma disponibilité pour mes proches… sont indéniables.

Retenter l’expérience cette année sera d’autant plus intéressant que je suis actuellement dans un tout autre contexte. Je suis dans mon terrier avec Ptichat depuis le début du confinement et ne devrais que peu en sortir dans les prochains mois. Je vais donc voir comment toutes ces heures passées sur le net vont être investies par ma petite personne. J’ai programmé plusieurs articles sur le blog durant cette période d’où un minima d’activité par ici mais sinon on se revoit dans un mois !!! 😉

Je bouquine

Bilan lectures / Mars & Avril 2020

Comme certainement beaucoup d’entre vous, ces mois de confinement n’auraient pas été possibles sans LA LECTURE (un des rares bénéfices de cette période siiiii particulière on est d’accord…). Car, entre l’école à la maison pas toujours simple (beuheuuu…), le quotidien à gérer (l’impression de passer son temps à ranger le bordel et faire la bouffe) et j’en passe… s’aménager un peu de temps de lecture était une vraie bouffée d’oxygène 🙂

En mars, j’ai fini 3 sagas ouhou !!! :

 

 

 

 

Mention spéciale pour « Le féminisme » : essai accessible, ludique et plaisant à lire, une bonne façon de recontextualiser le mouvement, ses nuances, son histoire et son évolution. Un très bon livre de vulgarisation, je recommande +++. Seconde mention spéciale pour le court mais très efficace bouquin de Aurélien Barrau, j’y reviendrai une autre fois car cette lecture est trèèès importante 😉

En avril, on continue à taper dans la PAL et ça fait du bien et un peu de vide 🙂 :

 

 

 

Une mention spéciale pour la sage de Estelle Vagner qui permet de s’évader loin de toute préoccupation au sujet d’une certaine pandémie mondiale et ça fait du bien !!! Autre mention pour les nouvelles de Sophie Dabat et ses portraits de femmes géniaux, j’ai adoré sa plume !!! Dernière mention spéciale pour « Les lois naturelles de l’enfant » dont je recommande vivement la lecture aux parents, on en apprend beaucoup sur nos têtes blondes, c’est passionnant !!!

Bref, un bon bilan de confinée, j’espère que cette période aura été prolifique en belles découvertes et nécessaires évasions pour vous également !!! 🙂

Je bouquine

« Né d’aucune femme » de Franck Bouysse

couv6614196.png« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile ». – Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? Demandais-je. – Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés. – De quoi parlez-vous ? – Les cahiers… Ceux de Rose. Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquelles elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.

Voilà une lecture pour laquelle j’ai pas mal procrastiné avant de me lancer… ma libraire m’avait décrit un récit poignant et en effet… c’est un roman qui ne laisse clairement pas insensible. Une fois plongé dans cette lecture, il est très difficile de lâcher ce bouquin tout en appréhendant et redoutant ce qui nous attend ou plus exactement ce qui attend Rose, la narratrice principale, dont on suit ici le destin tragique dans la campagne française du fin XIXème / début XXème (selon moi car date non précisée par l’auteur).

Âgée de 14 ans, Rose est l’aînée d’une fratrie de 4 filles, issue d’une famille pauvre de paysans. Vendue par son père à un riche notable de la région comme bonne à tout faire, sa situation va très vite se dégrader chez son « maître » dans une ambiance tout d’abord très malsaine puis vers une progressive mais inexorable dégringolade faite de violences et de brutalités physiques et mentales.

Ce roman choral et polyphonique croise le témoignage de Rose, à travers son journal intime, et le point de vue d’autres personnages apportant une certaine dynamique au récit et d’autres éclairages sur les évènements. La plume est très vivante, fine et travaillée. On croirait lire un classique ou un roman social à la Zola. L’auteur aborde en effet plusieurs problématiques intéressantes : la condition des femmes pauvres dans les campagnes françaises de l’époque où leur vie et leur corps pouvaient n’avoir que peu de valeur, les rapports encore très codifiés entre les classes sociales… Même si ce récit est criant d’injustice, on ne tombe pas pour autant dans une forme d’accablement ou de misérabilisme. Rose est victime mais fait preuve d’une grande force, de beaucoup de résilience et d’intelligence. J’ai passionnément aimé ce personnage. Seul bémol que je relèverais serait peut être l’incohérence entre la qualité, la richesse de l’écriture et le niveau de vocabulaire de Rose et son origine sociale (milieu pauvre, pas de scolarité) décrite dans le roman. Mais je chipote un peu 😉

C’est donc un roman très sombre sur la cruauté humaine mais tout à la fois d’une grande beauté dans l’écriture. Bref, c’est une belle grosse claque dans ma trombine, j’ai vraiiiiiment adoré +++

Je cogite·Je papote

Bientôt 4 ans à manger de l’herbe et des cailloux : petit retour d’expérience…

Sans titre

Ça faisait trèèès longtemps que je souhaitais faire un petit retour ici sur mon changement d’alimentation qui reste une des décisions les plus évidentes, importantes, simples mais aussi un peu compliquées que j’ai pu prendre… Je précise par ailleurs qu’il n’est absolument pas question ici de prosélytisme de ma part, de convaincre qui que se soit, de culpabiliser, de juger ou autre mais juste de partager 😉

J’ai pris cette décision quelques mois après la naissance de Ptitchat. Je crois que c’est mon allaitement qui m’a permis d’initier un questionnement. Car, même si je suis sensibilisée à la « cause écolo » depuis trèèès longtemps, je n’avais étrangement pas pris la mesure de l’indéniable impact de l’alimentation sur l’environnement. Il faut toutefois dire que je venais de trèèès loin niveau bouffe. Je suis originaire du Sud Ouest, le pays du jambon de Bayonne, du foie gras, du confit de canard et j’en passe. Une partie de ma famille travaille dans ce secteur et j’ai été biberonnée à cette alimentation « traditionnelle » depuis toujours. Bref, comme pour beaucoup, l’arrivée d’un enfant a bouleversé un certains nombre de choses et a clairement été un facteur de changement pour ma petite pomme (en plus des nuits pourries depuis 4 ans on est bien d’accord… 🙂 ).

Je pense avoir amorcé ce changement à ce moment là également et surtout parce que je disposais de « temps » durant mon congé parental. Un temps utile pour me documenter, déconstruire certaines représentations, une certaine éducation de « la table » et se renseigner sur l’alimentation végétale. Quand on a capté les principes de bases (facilement accessibles désormais) et la nécessité d’une supplémentation en B12 (indispensable pour les végétar/liens !!!) il n’y a vraiment pas de problème.

Ce temps de réflexion et de cheminement me semble d’autant plus important que, même si vous êtes certain(e) de votre choix et en phase avec vos idées, « les autres » (par incompréhension totale ou réel intérêt) vous poseront des questions susceptibles de vous mettre un peu en difficulté ou de vous décourager surtout au début de votre démarche. Car, si ce qu’on met dans notre assiette est un choix individuel et personnel qui ne regarde que soi, il a de toute évidence un impact social et notamment familial. Je vous laisse imaginer pour exemple mon 1er réveillon de Noël veggie avec mon vieux papé pour qui le gras du jambon c’est la vie… le pauvre n’a toujours pas fait son deuil 🙂 Je me demande d’ailleurs si l’âge (j’ai bien attaqué la trentaine…) n’est pas un possible facteur d’incompréhension supplémentaire : pourquoi ce changement ? La « pilule » passe peut être mieux en terme de représentation si parents et famille peuvent mettre ça sur le compte d’une lubie d’ado passagère ou non (je ne dénigre évidemment pas les décisions et choix faits par les ados !!! et parle bien de représentation extérieure !!!) plutôt que d’être face à une décision « adulte et réfléchie »… Car, notre assiette n’est pas que de la boustifaille… c’est aussi une éducation familiale, une façon de vivre, de consommer, de questionner ou pas toute une industrie agro-alimentaire et tout un système de valeurs également…

Bref, je vais arrêter là mon blabla à la sauce soja… C’est une question qui me tient à cœur, j’y reviendrai donc certainement plus avant !!!

PS : je ne mets volontairement pas d’étiquette « végétarienne, végétalienne ou vegan » notamment car ce petit retour peut faire échos à bon nombre d’expériences 😉

PS bis : pour aller plus loin c’est par ici ou par

Je me bichonne·Je papote

Découvertes musiiiicaaales !!! #1

Mes goûts musicaux sont trèèès hétéroclites : jazz, blues, punk, métal, pop, rock, classique… mais force est de constater que la majorité de celles et ceux que j’ai longtemps écoutés ne sont malheureusement plus de cette terre… Pour exemple, mon panthéon personnel d’adolescente a longtemps été : Janis Joplin, les Doors et Django Reinhardt… Mais je me suis heureusement ouverte à peu de modernité avec les années 🙂 et souhaitais partager quelques pépites musicales !!!

  • DES NANAS DE CHEZ NOUS QUI ENVOIENT DU BOIS :

LA PIETA : grosse performance scénique avec une énergie de fou (vue, admirée et adorée par mes petites mirettes en festival), des textes puissants… slamés dans un style « punk-electro-rap ». Elle vient de sortir son 1er album qui est une tuerie !!!

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ILMAO : parce que c’est une copine au talent de fou, à la démarche engagée et altruiste, bref une belle personne et une artiste magnifique !!! FONCEZ la découvrir c’est une bombe de positivité qui fait du bien !!! Son 1er album est vraiiiement GENIAL !!!

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  • PERFORMANCES INSTRUMENTALES :

FINGERS MITCHELL CULLEN : ce jeune australien est un multi-instrumentaliste super tatoué et super talentueux !!! Une expérience musicale assez unique !!!

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TASH SULTANA : une australienne encore mais c’est pas pour rien. Cette nana est également une multi-instrumentaliste talentueuse et à la voix de malade…

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  • GROUPES VOCAUX :

OMMM : un groupe français assez unique avec chanteurs, Human beatboxeur et Dubmaster sans aucun instru (j’ai eu la chance de les voir en concert dans un bar parisien il y a une éternité… un suuuper moment…) c’est novateur, frais, génial !!!

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TAUTUMEITAS : je ne connais pas encore grand chose sur ce groupe de choristes découvert récemment mais c’est juste super, foncez écouter cette dernière pépite 🙂

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Bref, j’espère que ce partage vous aura fait découvrir de bons sons 🙂 Il semble d’autant plus important de s’entourer de belles choses et de trouver quelques petites fenêtres pour s’évader dans cette période si particulière… Prenez soin de vous !!! 🙂

Je bouquine

« Une journée d’Ivan Denissovitch » de Alexandre Soljenitsyne

couv42028024.png« Une journée d’Ivan Denissovitch, c’est celle du bagnard Ivan Denissovitch Choukhov, condamné à dix ans de camp de travail pour avoir été fait prisonnier au cours de la Seconde Guerre mondiale. Le récit nous montre sa journée depuis le coup sur le rail suspendu dans la cour qui marque le lever, jusqu’au court répit du soir et au coucher, en passant par les longues procédures de comptage, la peur des fouilles, les bousculades au réfectoire, les travaux de maçonnerie par un froid terrible dans l’hiver kazakhe, les menues chances et malchances de la journée. Archétype du paysan russe moyen, Choukhov, homme humble et débrouillard en qui le bien fait encore son œuvre, a su se libérer intérieurement et même vaincre la dépersonnalisation que ses maîtres auraient voulu lui imposer en lui donnant son matricule. »

Le résumé ci-dessus comme le titre de ce court roman annoncent d’ores et déjà la couleur : il s’agit du récit d’une journée d’un détenu, Ivan Denissovitch, dans un camp de travail ou goulag russe. Du lever au coucher, on suit ses traces dans ce quotidien de labeur, de froid, fait de règles complexes, de petits riens très importants. Car ce roman est avant tout un récit sur la survie où chaque gramme de pain compte, où le combat est également de trouver une forme de sens à cette non vie en tentant de préserver son humanité et son intégrité.

L’auteur, Alexandre Soljenitsyne, a lui même fait l’expérience du goulag où il a été enfermé plusieurs années pour avoir critiqué Staline. Enfermement durant lequel il a écrit ce roman qui ne sera publié que des années plus tard pour des raisons évidentes. Car, si ce roman ne dénonce pas le régime stalinien de façon claire il le questionne de toute évidence à travers les dérives du fonctionnement du camp : les passe-droits, la corruption, les abus de pouvoir, la surveillance permanente, la dénonciation entre les détenus eux mêmes, la violence quotidienne, les enfermements abusifs. Il dénonce aussi toute l’absurdité de certaines règles régissant le quotidien des détenus comme dans beaucoup de régimes dictatoriaux et/ou autoritaires : saluer par exemple un garde deux pas avant de le croiser puis se recouvrir de sa chapka deux pas plus loin…

Deux mots sur la plume de l’auteur que je découvre avec cette lecture : un style sobre et épuré où chaque mot a sa place, c’est un travail de dentellier. On se surprend à regarder notre quotidien d’un autre œil, à apprécier notre confort à sa juste valeur : un lit chaud, un bon repas, des vêtements propres… L’auteur taille au couteau dans nos besoins superficiels pour en revenir à l’essentiel. Bref, ce roman est passionnant et divinement bien écrit. Je recommande +++ 🙂

Je bouquine

« Lake Ephemeral » de Anya Allyn

couv57068974« Sera, onze ans, a vécu toute son enfance dans un orphelinat. Mais sa vie prend un nouveau tournant lorsqu’elle découvre que sa mère biologique est bel et bien en vie et à sa recherche. Conduite à Lake Ephemeral, un domaine résidentiel isolé, pour l’y rencontrer, la jeune ado découvre une communauté en marge du monde. Là, les enfants sont libres de vivre pleinement jeux et aventures au quotidien dans ce paradis naturel. Mais bien vite, d’étranges détails troublent Sera : on lui refuse toute entrevue avec sa mère malade, les cinq autres jeunes qui cohabitent avec elle ne connaissent rien du monde ni de leurs premières années. Et si l’imposante clôture électrique qui délimite le domaine est bien installée pour les protéger de l’extérieur, pourquoi le terrain est-il infesté de plantes carnivores mortelles ? Dans les profondeurs du Lac Éphémère, Sera parviendra-t-elle à percer les secrets des sept manoirs ? Parviendra-t-elle à s’échapper ? »

On en parle de cette couverture de malade ?!!! Mon seul regret est de ne pas avoir la version papier (j’ai littéralement dévalisé les ebook des Editions du Chat Noir au prix de ouf de 1,99 euros 🙂 une belle façon de les soutenir en ces temps de confinement et de se faire plaisir !!!).

On suit donc ici le parcours de Sera, orpheline de 11/12 ans. Elle vit au sein d’une pension depuis ses 5 ans où on vient la chercher à la demande de sa mère finalement vivante mais malade. Elle est alors conduite à Lake Ephemérale sorte de domaine à la nature luxuriante, préservée, dense et mystérieuse. Suite à son arrivée, Sera va toutefois vite déchanter et des faits étranges vont venir ternir l’image de ce coin de paradis. Sera y rencontre la petite communauté (dont 5 enfants) vivant sur place mais en totale autarcie, dont les comportements et vêtements semblent d’une autre époque, elle ne va pas pouvoir rencontrer sa mère pour des raisons pas très claires, aurait vécu parmi eux les 5 premières années de sa vie sans en avoir gardé aucun souvenir… L’histoire oscille entre plusieurs influences et genres (de la SF à l’horreur parfois). J’admets ne pas avoir su à certains moments où l’autrice allait nous amener mais pris beaucoup de plaisir à me laisser surprendre. L’histoire avait un potentiel très riche et je n’ai pas été déçue. La plume est fluide et agréable à lire, l’intrigue (malgré une facilité scénaristique en milieu de roman un peu trop « grosse » pour moi) est bien menée. Ce bouquin pose également des questions et réflexions importantes sur le respect de la vie de façon générale, les limites de la science, la question du choix. Bref, on est happé par cette histoire assez addictive qui propose une bonne dose d’évasion. J’ai passé un très bon moment de lecture, je recommande 😉

Je fais du logis

Recettes de feignasse #2 : Frites de panisse

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Le confinement a pour avantage de me laisser du temps pour cuisiner… Et j’ai ENFIN découvert, préparé, dévoré, adoré… les frites de panisse qui sont une véritable tuerie !!! La panisse c’est une préparation à base de farine de pois chiche (une base en cuisine végétale) et c’est tellemmmeeeent mais tellement simple à faire !!!

 

Recette de frites pour 3/4 bons mangeurs :

  • Dans une casserole, porter à ébullition 50 cl d’eau, 1 càs d’huile d’olive, 1 càc de curry, 1 pincée de sel, 1 pincée de poivre.
  • Ajouter 130 g de farine de pois chiche, mélanger vivement au fouet pendant 1 min. Or du feu, battre la préparation au fouet électrique pour limiter les grumeaux.
  • Verser le tout dans un moule (de préférence carré de 20 cm) chemisé d’une feuille de papier cuisson. Réserver au frigo 2h.
  • Tailler 18/20 frites dans la préparation. Les répartir sur une plaque de cuisson. Badigeonner d’huile d’olive et saupoudrer d’herbes de Provence. Enfourner à 200° pendant 20 min, retourner les frites et remettre 10 min.

Pour la « véganaise » (ou mayo végétale) :

  • Dans un bol, verser 8 càs d’huile d’olive, 4 càs de crème végétale (soja, riz…), 2 càs de moutarde forte. Faire monter le tout au fouet électrique quelques minutes et réserver au frais 1h.

J’accompagne souvent ces frites de crudités pour colorer mon assiette (ici carottes râpées avec raisins secs et graines de sésame miam !!!). Ce plat est désormais un de nos incontournables 🙂